Liège C’est ce qu’assure Willy Demeyer. Elle occupera 16 personnes à temps plein

Tout vient à point à qui sait attendre… et à qui sait être persévérant devrait-on écrire dans le cas présent.

Comme nous l’annoncions début mars en effet, la mise en place de salles de consommation d’héroïne, à moindre risque, dans les grandes villes wallonnes, a franchi un cap important en ce début d’année.

Et cette semaine, c’est en commission du Parlement de Wallonie que cette proposition de résolution, visant la mise en place concrète desdites salles de consommation, a été adoptée à l’unanimité; proposition était déposée par les députés Benoît Drèze (CDH) et Véronique Salvi (CDH).

Une étape de plus donc vers la mise en place d’une expérience pilote qui devrait germer, en priorité, à Liège. L’ouverture est prévue pour cet été.

En Cité ardente en effet, voilà déjà des années que le bourgmestre PS Willy Demeyer, ex-député fédéral, milite pour la mise en place d’un système de distribution contrôlée d’héroïne, comme réponse sanitaire pour lutter contre la toxicomanie de rue.

C’est d’ailleurs à Liège que le projet Tadam (traitement assisté par héroïne) avait été mené entre 2011 et 2013. Mais le projet avait avorté, faute de soutien du Fédéral. "Et aujourd’hui encore, le Fédéral est le seul qui coince", remarque Willy Demeyer.

Le projet de salle de consommation dont nous parlons ici est toutefois sensiblement différent de Tadam puisqu’il ne s’agit pas de permettre au pouvoir public de fournir l’héroïne contrôlée. Dans le cas présent, les usagers de ces salles pourraient disposer de lieux mais en y consommant leur produit. Le matériel d’injection leur serait fourni, tout comme les cabines d’inhalation. Et de limiter dès lors grandement les risques liés à la toxicomanie de rue, selon les experts, unanimes. Sans parler des nuisances urbaines, réduites elles aussi.

Liège avance donc, plus seule mais avec la Région. Et Liège avance bien puisque selon Willy Demeyer, la première salle de consommation à moindre risque devrait ouvrir cet été, dans les anciens locaux de Tadam précisément, à côté du commissariat Wallonie installé rue de la Régence. "Pour l’instant, nous sommes occupés à acheter les fournitures, le matériel et si nous n’avons pas encore procédé au recrutement, la bonne nouvelle est qu’il y a beaucoup de candidatures, d’anciens travailleurs de Tadam d’ailleurs."

La salle en question occupera à terme 16 équivalents temps plein et devrait fonctionner avec un budget de près d’un million par an. Budget assumé par Liège donc et, le bourgmestre l’espère, aussi par la Région.