Liège Vendredi, la Magne est sortie de son lit… les dégâts sont colossaux

Jeudi soir déjà et, surtout, vendredi dans le courant de la matinée, des pluies diluviennes se sont abattues sur la région liégeoise. Et très vite, face à l’ampleur des averses, le gouverneur de la Province de Liège déclenchait le plan provincial d’urgence. Sur la vingtaine de communes touchées par ce déluge, certaines étaient plus concernées que d’autres, comme Fléron ou Trooz. Beaucoup ont ainsi vu vendredi cette vidéo montrant deux véhicules partant à la dérive, dans le vallon du Bay Bonnet.

C’est ici en effet que coule le petit ruisseau de la Magne; un ruisseau qui, avec les averses, est sorti de son lit, provoquant d’incroyables dégâts. Avec des sols déjà gorgés d’eau, le vallon du Bay Bonnet s’est en effet transformé en véritable torrent, l’eau emportant tout sur son passage.

Alors que des policiers effectuaient une opération de sauvetage, deux véhicules (dont le combi) ont disparu dans les eaux tumultueuses. Ils n’ont été retrouvés que plusieurs heures après le déluge.

Vendredi et durant tout le week-end, les services de la commune de Trooz étaient donc à pied d’œuvre pour remettre en état les voiries. Mais les dégâts sont colossaux.

"Rien que sur Trooz, il y a 300 à 400 habitants qui ont été touchés par ces inondations", explique Fabien Beltran (PS), bourgmestre de Trooz, "ce qui est très important. Il y a aussi eu des conséquences pour les bâtiments publics puisque l’hôtel de ville et le hall de sports ont été inondés. Mais les plus gros dégâts se situent bien sûr au Bay Bonnet. La Magne est sortie de son lit, les murs se sont effondrés et les trottoirs sont totalement défoncés", précise Fabien Beltran. Selon ce dernier, il pourrait y en avoir pour plusieurs millions d’euros de travaux de réparations… et c’est urgent ! La commune ne peut évidemment pas assumer de telles dépenses. D’autant que le ruisseau est une propriété provinciale et que la route est une nationale (pas communale).

Ce lundi encore, les services de la commune étaient sur le terrain pour essayer de remettre (autant que possible) en état cette voirie et d’autres touchées par l’eau et les coulées de boue. "La commune se charge de ramasser les crasses", précise encore le bourgmestre, "et Intradel met à disposition des conteneurs". Une réunion avec les services provinciaux et régionaux était encore organisée ce lundi après-midi.

Liège : "problème de ruisseaux"

Il n’y a finalement pas de gros dommages d’infrastructures… mais un souci quand même

L’échevin des Travaux, en charge de l’égouttage à Liège, Roland Léonard, ne voudrait pas minimiser les événements de vendredi… mais il concède après un week-end à racler, pomper, nettoyer et sécuriser, "qu’il n’y a pas vraiment eu de gros dommages d’infrastructures". C’est la bonne nouvelle.

Néanmoins, les pluies abondantes qui ont provoqué des inondations dans le quartier de Rocourt jeudi soir et puis à Jupille et Wandre vendredi, ont fait de sérieux dégâts. Car des ruisseaux sont sortis de leur lit, que ces ruisseaux se sont transformés en rivières et que ces rivières ont inondé de nombreuses habitations, rue du Couvent notamment, rue Chafnay et rue Jean Hermesse également.

Pour l’échevin, il s’agit plus d’un problème de ruisseau que de réseau d’égouttage… "Deux zones ont en effet été fort impactées, à Wandre, rue de Visé et au niveau de Jupille", indique le socialiste. Dans les deux cas, des ruisseaux seraient les principaux responsables des dégâts constatés vendredi. Car un égout, aussi efficace soit-il, ne peut accueillir un écoulement aussi important qu’un cours d’eau qui déborde… du moins pas avec cette intensité doit-on comprendre.

"Ce que nous avons constaté ce sont des débordements et, par conséquent, des écoulements boueux, la présence de végétation…", explique encore l’échevin qui évoque des solutions adaptées. À chaque problème sa réponse en effet et vendredi, les hommes en intervention ont notamment créé des barrages et ont tenté de retenir les eaux. "C’est ce type de solutions qu’il faut privilégier à l’avenir". L’échevin évoque des barrages à créer en cas de débordement mais aussi des bassins d’orages, "artificiels ou plus naturels si on peut dire, où la faune et la flore pourraient se développer". Plusieurs réunions sont prévues prochainement pour aborder ces solutions de "temporisation".

Au total, une soixantaine d’hommes des services communaux ont oeuvré dès vendredi matin et durant tout le week-end à Liège.