Liège Focus sur le projet de qualification de Jean-Claude Baiwir, primé mais dont la Ville n’a rien fait

"À Liège, l’espace Tivoli définit le terrain vacant entre les places Saint-Lambert et du Marché. En 1986, a été adopté à l’unanimité de faire de la place Saint-Lambert un quadrilatère fermé comme de nombreuses places traditionnelles. Aujourd’hui, beaucoup de polémiques existent à propos de cet espace. Dans l’hypothèse d’une fermeture de ce dernier, reconstituant dès lors une certaine distinction entre les deux places, quelle solution architecturale concrète et raisonnée proposeriez-vous à la réflexion des Liégeois ?" Tel était déjà il y a près de neuf ans le contenu du programme d’un concours d’idées lancé par l’Académie royale de Belgique dans le cadre du Prix d’architecture Paul Bonduelle, et ce pour la période 2009 à 2011.

Lequel avait donc trait au devenir de l’espace Tivoli, propriété de la Ville depuis 1996. Les propositions en vue d’une affectation de l’endroit n’ont pas manqué, alors même qu’une décision définitive n’a toujours pas été prise. Pour rappel, d’aucuns dont le "père" de l’actuelle place Saint-Lambert Claude Strebelle, y auraient bien vu un théâtre, et ce au moment où le déménagement du Théâtre de la Place était encore à l’ordre du jour, souhaitant une fermeture de l’espace en question.

Plutôt que de refermer ce dernier, ce que propose l’architecte liégeois Jean-Claude Baiwir, lauréat en 2012 du Prix Bonduelle et qui a en outre été enseignant, c’est de lier les places concernées. Et ce au travers d’un projet de qualification de l’espace Tivoli, lequel a donc été primé. À l’heure où le devenir de ce dernier revient une nouvelle fois sur la place publique, par le biais notamment d’un nouveau concours d’idées, le projet architectural de cet élève de Jean Cosse et de Jean Barthélémy est digne d’intérêt à plus d’un titre. "Cela fait en effet 30 ans que le sujet est à l’ordre du jour", rappelle celui qui fut architecte et enseignant durant 25 ans, notamment connu pour avoir conçu sa propre habitation.

Ainsi qu’il nous l’explique en primeur, disant par là même vouloir sortir son projet de l’oubli et participer au débat public, c’est en se référant au pont des Arches que l’idée lui est venue. À savoir celle de lier les places Saint-Lambert et du Marché tout en les séparant. "L’idée première était de jeter un pont entre ces espaces mais la composition a évolué au cours de l’étude de projet", précise Jean-Claude Baiwir. Lequel, parlant de "métaphore", évoque des piles ou autres voiles hautes de 17 mètres et en acier corten, s’alignant de manière géométrique par rapport aux limites de la place Saint-Lambert et constituant un espace intercalaire. Et ce de manière à faciliter la transition entre cette dernière, minérale, et la place du Marché, végétale, via un espace de rassemblement, de spectacles, de jeux, soit une sorte d’amphithéâtre faisant référence à l’histoire de différentes manières. Qu’il s’agisse du chœur oriental de la cathédrale, de l’ancien cloître ou encore de l’Archéoforum tout proche, avec un nouvel accès prévu, et de la Légia, l’eau y trouvant sa place aux côtés de la végétation omniprésente.