Liège

Les syndicats dénoncent, inquiets, la politique de Mittal à l’égard du bassin

LIÈGE Qu’on soit bien clair, on ne parle pas que du chaud dans la sidérurgie liégeoise, on parle aussi du froid ainsi que des emplois qui en découlent, des entreprises qui en dépendent, des sous-traitants, des clients et on en passe… Sur ce point, les syndicats des métallos liégeois tiennent à rester clairs.

En front commun depuis le début de l’annonce de la fermeture de la phase liquide (chaud) à Liège, le discours se fait de plus en plus critique : la situation est, disent-ils, très grave et on semble même avoir atteint un point de non-retour.

Depuis début octobre et en l’occurrence, depuis l’annonce par Mittal de la fermeture du chaud, il faut dire que les nouvelles ne sont pas bonnes pour les travailleurs d’ArcelorMittal. Et si de coutume, on ressent un optimisme plutôt tenace vis-à-vis de l’outil liégeois, l’humeur, ce mercredi, était plutôt au réalisme… glacial et peu habituel dans le chef des syndicalistes liégeois.

C’est en quatorze points que ces derniers ont en effet tenu à exposer leurs craintes quant à l’avenir de la sidérurgie intégrée. Soulevant ces rencontres inutiles avec la direction “qui ne répond jamais aux questions posées” , précise David Camerini, président CSC pour ArcelorMittal. “Pire, qui n’a jamais démenti nos craintes” , précise Jordan Atanasov, secrétaire régional CSC, ils disent vouloir réagir.

Qu’il s’agisse des 300 emplois du chaud ou des milliers du froid en effet, et bien que les déclarations patronales n’évoquent au- cun licenciement sec. “La stratégie à l’égard de Liège ” est avancée comme preuve d’un complot à l’égard de la sidérurgie du bassin.

Tour à tour, ce sont les sous-estimations du coût du désengagement de Liège, “pas 43 millions d’euros mais peut-être 600 millions” , le fait que Mittal “doit mettre les bouchées doubles pour concevoir un budget d’assainissement” ou plus particulièrement, dans la sidérurgie à froid, “une maintenance qui n’est plus réalisée, pas plus que l es investissements d’avenir” voire “le détournement de carnets de commande importants” qui sont évoqués.

Ternes déclarations donc… défaitistes ? Pas vraiment ou du moins pas encore puisqu’un appel est lancé pour une mobilisation générale dans les rues de Liège le 7 décembre. Face à la rupture de confiance avec la direction, les mots “nationalisation” et “mise sous statut public” sont une nouvelle fois lâchés.



© La Dernière Heure 2011