Une alternative à la fermeture

J.-M. C. Publié le - Mis à jour le

Liège

Le front commun syndical a une proposition pour sauver la phase à chaud

On le sait, la phase à chaud liégeoise est plus qu’en danger, le groupe ArcelorMittal ayant décidé de la fermer purement et simplement. Confrontés à cette décision les syndicats n’ont pas désarmé, que du contraire.

Avec l’aide de bureaux d’étude et utilisant les conclusions des rapports d’experts (Syndex et Laplace-Conseil), le front commun FGTB-Setca-CSC-CNE a mis au point une proposition de relance de la phase au chaud qui sera remise, ce mardi, à la direction d’ArcelorMittal.

La conclusion de cet impressionnant travail est sans surprise : la phase à chaud est rentable, on peut la sauver. Mais ce travail serait superflu s’il n’avait été bien plus profond que cela. Au fil des 70 pages de cet impressionnant dossier ressort une proposition de relance de la phase à chaud, mais plus que probablement sans ArcelorMittal.

“Notre projet prévoit la création d’une société patrimoniale liégeoise, pour se réapproprier l’outil, et relancer la phase à chaud, sans quoi c’est la phase à froid et toute l’activité qui en dépend qui verront leur avenir plus que compromis” prévient José Verdin de la FGTB.

Pour les syndicats, le projet est tout sauf fou. Il est même réalisable à brève échéance. Pour en revenir à cette société patrimoniale liégeoise, elle rassemblerait les actifs immobilier et industriel de Mittal.

L’argent proviendrait de plusieurs partenaires comme la Région wallonne, mais aussi la SRIW (Société régionale d’investissement de Wallonie) ou encore des sociétés privées. On pourrait même imaginer un emprunt citoyen. Dans cette optique, ArcelorMittal pourrait rester partiellement actionnaire.

Cette société propriétaire de l’outil céderait la gestion de l’activité sidérurgique à une société séparée qui paierait un loyer. L’argent ainsi récolté permettrait alors de couvrir les futurs investissements.

L’idée en elle-même n’est pas neuve. Elle est d’ailleurs appliquée dans d’autres pays comme la Suède, la Finlande ou en Sarre. Ainsi, dans ce land allemand, ArcelorMittal a d’ailleurs joué le jeu et est actionnaire de la société patrimoniale à hauteur de 30 %.

Reste évidemment le nerf de la guerre : l’argent. Pour le front commun, le plan nécessite des investissements : des coûts de remise en marche et de mise en conformité environnementale (entre 40 et 80 millions d’euros), des investissements dans les outils du froid (115 millions d’euros, que la Région est prête à préfinancer pour 110 millions) et la construction d’une nouvelle centrale électrique (environ 100 millions d’euros, à partager avec des partenaires industriels).

Cela ferait donc un coût externe estimé entre 80 et 120 millions, “une somme presque ridicule quand on parle de sidérurgie” , clame José Verdin.

Bref, un plan tout à fait réalisable à un détail près : convaincre Lakshmi Mittal de céder l’infrastructure liégeoise. Ce ne sera pas une mince affaire, même si le front commun syndical a déjà son idée sur la manière de s’y prendre (voir ci-contre).



© La Dernière Heure 2012
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