Liège Faute d’Eros Center, Liège planche sur une Zone P, où la prostitution serait tolérée et encadrée.

Il y a déjà plus de 7 ans que la décision visant à fermer les salons de prostitution du quartier Cathédrale-Nord était entérinée. On se souvient en effet de ces quelques rues où les salons - ressemblant plutôt à des chambres sous-louées à l’heure -, animaient ce quartier proche de l’Université.

À l’époque, la ville de Liège assurait aux préjudiciés qu’une solution serait trouvée dans la foulée. Objectif de la démarche : mettre un terme aux phénomènes fâcheux liés à la prostitution : traites des êtres humains, assuétudes,… Mais sept ans plus tard, la solution miracle ne semble pas avoir été trouvée et l’Eros Center, censé canaliser la prostitution, n’a pas vu le jour.

Interpellé sur cette problématique par Caroline Saal et Guy Krettels, conseillers Écolo s’inquiétant que "la répression policière était renforcée à l’encontre des prostituées ces dernières semaines", Willy Demeyer, bourgmestre de Liège, a sorti de son chapeau cette nouvelle piste de travail : une Zone P.

"J’ai souhaité la mise en œuvre d’une importante opération policière sur base des demandes de la population"… explique le mayeur qui se réjouit par ailleurs de ces résultats : trois filières, allemande, bulgare et roumaine, ont récemment été démantelées, fruit de "l’excellente collaboration entre la police judiciare fédérale et la police locale. Il n’y a actuellement plus de traces de réseau organisé présent sur le quartier".

Tout qui circule dans la zone le constate toutefois, la prostitution a toujours pignon sur rue ici. Selon les chiffres, 6 à 7 personnes exercent sur place, elles souffrent d’assuétudes pour la plupart.

Quid de cette Zone P ? Serait-ce une zone de non-droit ? "Pas du tout, ce serait le contraire", nous explique le bourgmestre. "Une zone de droit qui aurait un statut particulier où on permettrait une prostitution mieux encadrée"… pour éviter le développement du proxénétisme et de trafics divers. Bien sûr, "il faut encore en discuter avec différents interlocuteurs… et trouver l’endroit adéquat" concède le bourgmestre. La tâche n’est pas simple.