Liège Protégé, l’animal a niché sur les murs de l’administration. Natagora a déposé plainte.

Que s’est-il passé entre le 31 mai dernier et le 12 juillet, le long d’un bâtiment de l’administration communale de Verviers ? C’est pour répondre à cette question que Natagora, l’association de protection de la nature vient de déposer plainte contre X à la DNF. Le dossier est d’ailleurs au parquet de Liège.

Explications : le 31 mai dernier, un photographe de l’association a pris en photo plusieurs nids d’hirondelles. Ces oiseaux qui annoncent l’arrivée du printemps ont niché sur un bâtiment annexe de l’hôtel de ville de Verviers.

Mais le 12 juillet, avertis par un sympathisant, les responsables de la régionale Natagora Marquisat de Franchimont constatent la destruction volontaire de plusieurs nids d’hirondelles de fenêtre sur la façade de ladite annexe.

"J’ai immédiatement prévenu la DNF", explique Jacques Thonnard, le président de la régionale Natagora. "Il faut en effet retrouver l’auteur des faits et ne pas laisser ce massacre sans suite. Il faut savoir que l’hirondelle de fenêtre est un animal protégé. Sa population a diminué de 50 % en 30 ans !"

Et ici, il s’agit bien de massacre puisque entre le 31 mai et le 12 juillet, les œufs n’ont pas encore éclos ou ont donné naissance à des oisillons qui n’ont aucune chance de survie en dehors de leur nid.

"Une telle destruction met à mal la population de ces oiseaux strictement protégés par la Loi. Outre la sanction encourue (NdlR : une amende de 800 à 800.000 euros !), il est important d’identifier l’auteur des faits afin de le conscientiser et d’obtenir des mesures de réparation pour le futur."

Et sans le dire, Jacques Thonnard pointe la responsabilité de la Ville, qui a, elle aussi également déposé plainte pour le même motif. Il faut écrire que la destruction des nids n’a été remarquée par personne. Et pour le faire discrètement, il fallait œuvrer de l’intérieur du bâtiment communal. De là, il suffisait d’ouvrir une fenêtre et d’utiliser un bâton du style manche de brosse.

"Une sensibilisation globale de l’administration de la Ville de Verviers paraît fondamentale pour accueillir les hirondelles de fenêtre dans les meilleures conditions dès le printemps prochain. De nombreuses solutions existent pour permettre une cohabitation harmonieuse avec ces oiseaux (nichoirs artificiels, aménagement pour récolte de fientes…). La Ville de Verviers a voté un PCDN (plan communal de développement de la nature) et rechigne a délier le cordon de sa bourse pour quelques euros. Elle a installé des nids artificiels à Ensival et ne les a pas entretenus. Moralité : les nids sont bouchés et les hirondelles n’y vont plus et ici, elles sont massacrées."