Liège Après les inondations à Jupille, des riverains sinistrés souhaitent plus d’écoute.

Jean-Marie De Baerdemaeker et Liliane Vercouter habitent le fond de la rue Jean Hermesse, à Jupille, sur le territoire de la Ville de Liège. Le 1er juin dernier, leur maison, comme celle de leurs voisins, a été dévastée par les inondations qui ont suivi des pluies diluviennes.

"Dans la semaine qui a suivi l’inondation, des fonctionnaires sont venus prendre des photos et vidéos, et j’ai reçu un coup de fil du bourgmestre, commence Jean-Marie, lors de cet entretien, il m’a indiqué qu’il allait faire intervenir le Fonds des Calamités et que la Ville allait faire les travaux nécessaires dans la rue. Et depuis, plus rien, hormis un appel d’un membre du cabinet du bourgmestre qui m’a indiqué que les sacs qui ont été placés dans la rue y resteront jusqu’aux travaux."

En effet, la rue Jean Hermesse a, depuis les inondations, été mise en sens unique et d’imposants sacs de sable y ont été disposés. Pour le reste, "nous attendons désespérément des nouvelles, indique Liliane, nous ne sommes tenus au courant de rien."

Tout d’abord, les riverains sinistrés aimeraient savoir "si les travaux auront bien lieu, et à quelle date, explique Jean-Marie, mais ce n’est pas tout. Nous ne savons pas si c’est à nous de faire les démarches auprès du Fonds des calamités ou si c’est aux autorités de le faire. On est dans le flou le plus complet pour l’instant, nous ne bénéficions d’aucune aide administrative. On ne sait pas si on sera indemnisés."

De plus, pour Liliane, son principal tracas concerne l’avenir. "Pour l’instant, je n’arrive plus à dormir, témoigne-t-elle, que va-t-il se passer si de telles pluies s’abattent à nouveau sur la région ? Si rien n’est fait, nous serons tous à nouveau inondés dans le quartier. Nous avons subi de très importants dégâts la fois dernière, notre cave, qui a 2 mètres de plafond, était totalement submergée, et il y avait une bonne dizaine de centimètres d’eau au rez-de-chaussée. Je vous laisse imaginer les dégâts : le boiler, la chaudière et tous les objets stockés dans la cave sont détruits, le sol de notre rez-de-chaussée a pourri…"

Selon les habitants de la rue Jean Hermesse, plusieurs chantiers s’imposent. "Il faut tout d’abord changer les avaloirs, qui sont défectueux dans notre rue. Ils ont été mal placés, et sont en permanence bouchés par des pierres et de la boue, ce qui empêche l’eau de s’écouler, précise Jean-Marie, il faut également élaguer les arbres qui n’ont plus été entretenus depuis des années dans notre rue, et il faut régler le problème du bassin d’orage de Fayenbois."

Et Liliane d’ajouter que "le sentiment d’abandon est partagé par la dizaine de sinistrés du quartier. On est délaissés par les autorités. Notre voisin direct en a assez de n’être tenu au courant de rien, et les propriétaires du cabinet vétérinaire situé dans notre rue sont vraiment inquiets de la situation".

Par contre, l’habitante sinistrée tenait à remercier les pompiers et les policiers venus les aider le jour des inondations. "Ils ont été extraordinaires, ils ont été là très rapidement pour nous aider, et ils sont restés toute la journée. Je tenais à les remercier", conclut Liliane, qui esquisse cette fois-ci un grand sourire.