Liège

L’opposition au projet de vignobles sur les coteaux s’organise, l’argument est écolo

LIÈGE Laurent habite au milieu de la rue Vivegnis, dans le quartier Saint-Léonard. Et si les lieux sont plutôt citadins, depuis l’arrière de son appartement, une nature verdoyante s’offre au Liégeois. Au-delà des jardins se dressent les coteaux de la Citadelle, partiellement sauvages.

C’est de chez lui dès lors que Laurent scrute aujourd’hui, inquiet, ces coteaux. Inquiet en effet parce que ce site, classé trois étoiles au guide Michelin, est convoité par un projet. Un projet alléchant, dirons-nous, et visant à réinstaller des vignes sur les coteaux de la Citadelle.

Si cette ambition n’était soutenue au départ que par une coopérative (Vin de Liège), c’est un nom réputé, Vranken-Pommery, qui convoite désormais les très populaires pentes liégeoises. Paul-François Vranken, ancien liégeois et patron du groupe Vranken-Pommery, envisage en effet de produire ici un crémant… de Liège. On évoque près de 14 hectares exploités. C’est là que les riverains tirent la sonnette d’alarme.

Pour Laurent, actif au sein de l’ASBL Natagora, les arguments sont avant tout d’ordre écologique. “On doit prochainement lancer une pétition papier mais il y a déjà une mobilisation.” Les opposants fleurissent partout, en Vivegnis et à la Montagne de Bueren. C’est à droite de ladite montagne que les vignobles sont en effet envisagés. “Si on parle de 14 ha, il est fort probable qu’il faille raser de nombreux arbres” , précise-t-il. Et de craindre dès lors pour la faune et la flore. “Il y a une variété importante d’animaux, comme les orvets, les crapauds communs ou encore les chouettes hulottes, c’est rare dans les villes.”

L’autre argument est bien sûr cette peur de voir le site “traité par les pesticides et les insecticides” . Sans parler du charroi occasionné par les vendanges…



© La Dernière Heure 2011