Luxembourg Agression gratuite pour certains, dispute de cour de récré pour d’autres…

Ces derniers jours, plusieurs médias ont relayé la mésaventure d’un groupe d’écoliers durbuysiens, bousculés par des adolescents flamands lors d’une sortie scolaire au parc Adventure Valley. " Une sortie scolaire a viré au drame ", sous-titrait ainsi Sudpresse mercredi matin, évoquant l’agression gratuite dont les enfants de l’école de Petit-Han auraient été victimes.

" Des insultes ont été proférées, mais de là à parler d’une agression… ", nuance un commissaire de la zone de police Famenne-Ardenne. " On sait qu’une bousculade a éclaté entre des écoliers de primaire et des élèves de secondaire pour l’accès à un trampoline. Une gamine est tombée, elle s’est fait une entorse. Mais il n’y a pas eu de coups directs comme on a pu le lire. Quant à savoir qui a commencé, impossible de le déterminer. Il n’y a malheureusement pas de témoin neutre de la scène. "

Pour la police locale, cette altercation relève plutôt du niveau bac à sable. " Le problème, c’est qu’il s’agit d’élèves francophones et néerlandophones, et que certains veulent à tout prix transformer cet incident en problème communautaire. "

Plusieurs parents n’en ont pas moins déposé plainte auprès de la police, comme nous le confirme le bourgmestre de Durbuy Philippe Bontemps. " Les écoliers ont bénéficié d’un accompagnement psycho-social de retour à l’école. La direction m’a affirmé qu’elle allait déposer plainte également. "

Quand aux jeunes néerlandophones impliqués dans l’incident, ils ont été rapidement exclus du groupe auquel ils appartenaient. " Ces adolescents sont scolarisés à Gand ", précise le bourgmestre. " Ils devaient séjourner quelques jours dans la région dans le cadre d’une sortie scolaire. La direction de l’école flamande a pris ses responsabilités, les a exclus et les a rapidement renvoyés chez eux. Ce qui s’est passé est tout bonnement inadmissible. Malheureusement, c’est journalier à l’échelle des écoles du pays. On a affaire à une dispute de cour de récréation. Même si, s’agissant d’enfants et d’adolescents, on n’est plus vraiment dans la même cour." Le parc n’a pas souhaité commenter l’incident.

Dispute de cour de récréation ou pas, les écoliers n’en restent pas moins profondément choqués. Une maman d’élève a choisi d’exprimer leur détresse en publiant un texte rédigé à hauteur d’enfant sur Facebook.

"Aujourd’hui, c’est enfin l’excursion de fin d’année. La journée se passe à merveille. Quel joli souvenir ! Nous sentons tout doucement la journée de détente se terminer, quand soudain, nous croisons le chemin d’un groupe d’une autre école. Nous avons entre 6 et 10 ans, eux, entre 15 et 18 ans. Nous ne savons pas vraiment ce qui se passe quand soudain, ils décident de jouer leur petit jeu de caïds. Ils veulent nous montrer leur puissance et nous, enfants, subissons ! Les coups commencent à tomber. Nous nous faisons agresser gratuitement. Nos surveillants et encadrants sont là, mais le temps normal de réaction fait qu’il est trop tard. Pourquoi les grands sont-ils si cruels ?"

N.P