Luxembourg

La jeune fille a tué son père alcoolique et violent en lui portant un coup de couteau

Ce jeudi, la chambre criminelle de la cour d'appel de Liège a prononcé l’acquittement de Lisa Lebrun, 21 ans, qui a porté un coup de couteau mortel à son père, Frédéric Lebrun, dans la nuit du 10 au 11 septembre 2015 au domicile familial située à Aye.

L’homme qui était un ancien militaire devenu gardien de prison était alcoolique et se montrait agressif tant verbalement que physiquement avec ses proches.

Plusieurs témoins ont confirmé que l'homme se montrait de plus en plus violent envers sa famille proche en particulier son épouse et sa fille.

« On vivait dans la peur », a expliqué Lisa lors de la première audience devant la chambre criminelle. « On rentrait de l’école, on laissait la fenêtre ouverte des chambres au cas où il bloquait la porte pour nous empêcher de rentrer. »

Frédéric Lebrun avait déjà notamment plusieurs fois cassé du mobilier et porté des coups aux membres de sa famille. La veille, une nouvelle scène de violence s’est déroulée au domicile familial. Le jour des faits, Frédéric Lebrun était une nouvelle fois ivre. Il a menacé de mort à plusieurs reprises ses enfants et son épouse.

Dans la soirée, alors qu'elle prenait sa douche, Lisa Lebrun a entendu des cris. Elle a découvert que son père venait de briser le nez de son cousin et s'en prenait physiquement à sa mère. Il saisissait cette dernière par la gorge lorsque Lisa Lebrun. Cette dernière suppliait Frédéric Lebrun d'arrêter de la frapper. Ce dernier s'est dirigé vers Lisa Lebrun en lui disant : "A ton tour maintenant !"

Lisa Lebrun a saisi un couteau avec une lame de 6 cm et a porté deux coups de couteau. Elle a touché mortellement son père, mais aussi accidentellement sa mère.

« Je voulais l'impressionner pour mettre fin à sa violence. Mais il n'a pas eu peur, il a menacé de me tuer et il s'est avancé. J'ai eu peur et j'ai porté les deux coups. Je ne m'attendais pas à une telle issue », a-t-elle terminé.

En décembre dernier, en instance, la prévenue avait écopé d’une peine de travail de 200 heures et d’une amende avec sursis de 300 euros. La chambre criminelle a estimé que la prévenue avait agi en état de légitime défense et a donc décidé de l'acquitter.