Luxembourg Ils souhaitent qu’une nouvelle étude d’incidence ait lieu le plus vite possible

Les odeurs nauséabondes émanant de l’usine Burgo Ardennes existent depuis toujours à Virton et sa région. Ces derniers mois, les riverains en ont eu marre et ont demandé aux conseillers communaux (Etienne Chalon et Annie Goffin) d’organiser une séance d’information pour répondre à leurs questions.

"J’habite le village de Dampicourt. Je constate que le nombre de personnes ayant des problèmes respiratoires (asthme, thyroïde ou autres) a explosé ces dernières années. Mes voisins tombent comme des mouches (cancer). Je crains pour ma santé et celle de nos enfants. Je vous le demande solennellement : pouvez-vous réaliser une étude d’incidence et nous confirmer que nous ne risquons rien dans le futur", s’interroge une citoyenne.

Le directeur général de Burgo Ardennes ne répond pas à sa demande dans un premier temps. "Comment peut-on faire ?", dit-il ensuite, comme s’il préférait filer la patate chaude aux élus présents dans la salle. "Il y a déjà eu une étude de ce type dans le passé. L’Observatoire de la Santé (Marloie) nous a confirmé qu’il n’y avait rien d’inquiétant et d’alarmant en ce sens. Une réponse qui nous a aussi étonnés. Il est vrai qu’il est difficile de faire le lien entre les émanations toxicologiques/nocives que provoqueraient les odeurs émises par l’usine et le nombre de personnes souffrant de ces maladies respiratoires. D’autres facteurs sociologiques et comportementaux peuvent aussi expliquer cela. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a réellement aucun lien entre les deux. C’est compliqué de le prouver", ajoute l’échevin Vincent Wauthoz.

En attendant, les riverains demandent s’il est possible qu’une nouvelle étude soit réalisée. Dans ce cas, les autorités communales pourraient peut-être aller plus loin et demander à la Région wallonne d’intervenir dans ce dossier. De son côté, le directeur de l’usine explique que les ouvriers atteints de ce type de souci de santé n’est pas plus important qu’ailleurs. "C’est la Médecine du Travail qui peut mieux répondre à cette interrogation. Il n’y a pas de signal d’alarme de notre côté", conclut Michel Hartman, le directeur de Burgo Ardennes.

 L’usine Burgo Ardennes est implantée à Virton depuis les années 60. Elle est spécialisée dans la fabrication de papier et emploie actuellement environ 650 personnes. C’est un des fleurons industriels dans la région.

Les odeurs dégagées lors de la production (NdlR : on les appelle “les pipis de chat”) font malheureusement partie du quotidien des riverains. Elles résultent notamment de l’utilisation de soude caustique ou de soufre dans le procédé de fabrication. Mais un plan d’action a été mis en place par la direction.

35 millions d’euros vont être injectés pour rénover/améliorer nos unités (nouveau brûleur notamment). Nous le faisons pour trois raisons : pérenniser le site, réduire de moitié notre consommation énergétique et diminuer les dégagements d’odeur de 75 % à la cuisson”, confie Michel Hartman, le directeur du site.

Ces travaux prendront du temps et devraient aboutir d’ici environ deux ans, selon les premières estimations. Mais rien ne dit que les odeurs réellement senties à l’extérieur diminueront effectivement de 75 %. On ne le saura qu’à ce moment-là. “On est confiant. Nous ferons tout pour encore réduire ces nuisances dans le futur. C’est une question qui nous préoccupe aussi”, conclut notre homme.

L.T.