Luxembourg Le bourgmestre André Bouchat dira bientôt s’il est candidat à sa propre succession

Voilà bientôt 33 ans qu’André Bouchat préside à la destinée de Marche-en-Famenne. Alors que les élections communales d’octobre 2018 approchent à grand pas, la question de son éventuelle candidature alimente de nombreux pronostics. Un suspens que le bourgmestre marchois s’apprête à lever très prochainement. "J’ai décidé de trancher pour fin du mois de mai, début du mois de juin, que ce soit en bien ou en mal", assure-t-il.

Seule certitude à l’heure actuelle : le mayeur n’entend pas faire de la figuration sur la liste CDH emmenée par le ministre René Collin. "Si je me présente, ce n’est pas pour jouer les faire-valoir ou pour m’amuser à lutter contre un ministre. C’est que j’ai encore les capacités d’entreprendre avec enthousiasme. Que ma tête est bien ordonnée et ma passion pour la commune de Marche toujours intacte. Si je me présente, je le ferai avec la volonté d’être utile à la ville et, si les électeurs le décident, de rester bourgmestre !"

En trois décennies de mayorat, André Bouchat a piloté la transformation de la commune en l’un des pôles économiques et culturels les plus en vue de la région. Au point d’attiser la convoitise des ministres René Collin et Willy Borsus, le libéral se posant en concurrent de poids à la domination des humanistes sur la ville.

"C’est un honneur pour moi de voir que deux ministres attendent de chausser les savates de quelqu’un qui n’a pas encore pris sa décision, sourit André Bouchat. Si Marche n’était pas si attrayante, je ne vois pas pourquoi Willy Borsus quitterait Somme-Leuze pour une commune dont il critique la gestion sans proposer de véritable programme. Il joue le jeu habituel de l’opposition. Faut-il en déduire qu’il veut s’y préparer ?"

QU’IL SE PRÉSENTE ou pas, l’actuel bourgmestre de Marche ne cache pas son scepticisme quant aux prétentions mayorales des deux figures de l’exécutif wallon. "Pour le développement du Nord-Luxembourg et de Marche en particulier, René Collin et Willy Borsus sont beaucoup plus importants là où ils sont que s’ils étaient bourgmestres, puisqu’ils ne pourront de toute façon pas siéger au collège en étant ministres. Or, ce dont Marche a besoin, c’est un bourgmestre à temps plein, disponible et corvéable à merci."