Luxembourg En incapacité de travail, Valentin ne pouvait prétendre qu’à 70€/mois

Un habitant de Hotton tire la sonnette d’alarme pour dénoncer les effets pervers d’un contrat de formation auxquels son demi-frère a été confronté à la suite d’un arrêt de travail.

Atteint d’un syndrome qui l’expose à des problèmes de fragilité osseuse, Valentin suivait une formation sous contrat Aviq dans le secteur de l’Horeca. Fin juillet, il a été victime d’une luxation liée à son handicap. Le début d’un long calvaire administratif et financier.

"Au moment de signer le contrat, nous avions été informés que la mutuelle intervenait en cas d’incapacité de travail", explique Fabrice Mioc. "Quelle ne fut pas notre surprise de constater que la mutuelle n’intervenait en fait que pour la petite part versée par la FGTB, soit 70€ par mois maximum !"

En trois mois , le jeune homme n’a touché que 146€ d’indemnités. Sans ressources financières, Valentin n’a eu d’autre choix que frapper à la porte du CPAS. "C’est scandaleux qu’une personne qui travaille 38h/semaine se retrouve à devoir ainsi mendier pour avoir un salaire décent pendant sa convalescence. Mon frère est resté dans cette situation pendant trois mois, période au cours de laquelle il a fallu multiplier les coups de fil pour savoir à quoi s’en tenir. Il vient seulement de toucher des arriérés payés fin octobre par le CPAS, qui s’est heureusement montré très efficace."

Au-delà du cas particulier, Fabrice déplore la précarité à laquelle ce type de contrat expose les travailleurs. "Le gouvernement répète ‘Job ! Job ! Job !’ Que des formations soient mises en place pour permettre à des personnes touchées par le handicap de pouvoir accéder à un emploi, le tout en incitant les employeurs à engager, je trouve cela juste. Mais les gens doivent savoir à quoi ils s’exposent. Or ce type de contrat place les travailleurs dans une situation particulièrement difficile s’ils viennent à tomber malade."

Valentin a fort heureusement pu compter sur l’aide de son demi-frère chez qui il vit. Sa convalescence durera quelques mois encore. "En attendant, nous avons envoyé une plainte à l’Inami. Nous allons maintenant consulter la Vierge noire pour voir s’il existe d’autres formations plus sécurisantes. Valentin a envie de travailler, d’avoir son indépendance."

N.P.