Luxembourg Les démineurs de la société Bom-Be ont déjà découvert deux obus et une mine anti-char

Le sous-sol de l’extension du zoning de Bastogne 1 recèle-t-il une bombe d’une tonne qui n’aurait pas explosé à la suite du bombardement du 24 au 25 décembre 1944 ? C’est ce qu’affirment des riverains et des historiens locaux.

L’intercommunale Idelux, le nouveau propriétaire, n’a voulu prendre aucun risque. Une vaste opération de déminage est en cours. "Nous avons décidé, en accord avec l’adjudicataire, l’association momentanée Lambert-Deumer, de confier le déminage à l’entreprise Bom-Be, spécialisée dans le traçage des munitions de guerre dans le sous-sol", précise David Braibant, chef de projet pour l’extension du zoning chez Idelux. "Avant de débuter les travaux de terrassement, les 26 hectares supplémentaires ont été scannés. Un millier d’objets métalliques ont été décelés."

L’équipe de démineurs s’est ensuite mise au travail afin d’extraire les munitions potentiellement dangereuses. "Nous avons utilisé un quad connecté à un ordinateur afin de déterminer les caractéristiques des objets métalliques", précise Jan Bellemans, démineur. "Des pièces de tracteur, par exemple, ont été localisées. Dès qu’un objet suspect est détecté, le travail s’effectue à la pelleteuse."

Marcellin Destordeur, historien local, apporte son expertise. "Les cartes aériennes datant de 1944 sont très utiles", précise-t-il. "Une vingtaine de foxhole américains ainsi pu être localisés. Après le raclage de la couche de surface, une position mitrailleuse de la 101e Airborne, avec sa boîte de munitions calibre 30, a été mise au jour. Une mine antichar a été découverte à plus de 120 cm de profondeur. Plus loin, deux obus américains ont été trouvés. Ce lieu est, en effet, historique car c’est à cet endroit précis que l’avant garde de l’armée du général Patton a réussi à rompre l’encerclement du périmètre de Bastogne."

Ces travaux, dont le coût est estimé à 80.000 euros, ne retardent pas le chantier. En effet, le terrassement débute dès que tout danger est écarté. Le déminage devrait se terminer à la fin août.

Nadia Lallemant