Luxembourg Philippe Miermans redoute la fin de la reconnaissance à titre expérimental

L’hélicoptère de Bra-sur-Lienne devra-t-il bientôt renoncer à l’aide médicale urgente ? C’est ce que redoute l’équipe du Centre médical héliporté.

"Depuis plusieurs mois, on sait que la ministre de la Santé publique veut privilégier les interventions inter-hospitalières", souligne Philippe Miermans, administrateur-délégué de l’ASBL CMH. "Cela dit, on pensait que le dossier était gelé sous cette législature."

Les récentes déclarations de Koen Bronselaer, le conseiller de la ministre Maggie De Block, lors d’une réunion à laquelle participaient les gouverneurs des Provinces de Luxembourg, de Namur et de Liège - les provinces concernées par les interventions du CMH - ont fait réagir Philippe Miermans. "Le conseiller aurait annoncé que l’hélicoptère serait bientôt strictement réservé au transfert de patients entre hôpitaux et ne pourrait plus du tout intervenir pour l’aide médicale urgente. Il perdrait ainsi sa raison d’être !", déplore-t-il.

Philippe Miermans a envoyé un courrier à Maggie De Block pour lui rappeler le rôle important joué par l’hélicoptère dans une zone rurale éloignée des centres hospitaliers. Il précise, en outre, qu’une étude scientifique en a démontré l’utilité, que le vecteur héliporté, financé par les cartes de sauvetage, les communes et les Provinces, ne coûte rien au ministère de la Santé publique et bénéficie d’une reconnaissance internationale.

"Nous fonctionnons grâce à une reconnaissance à titre expérimental", rappelle-t-il. "Si elle nous est retirée, les préposés du 112 ne pourront plus faire appel à l’hélicoptère dans un cadre légal. Nous demandons à Maggie De Block de clarifier sa position."

Cette demande va être appuyée par le président de la Fédération luxembourgeoise du PS. En effet, Philippe Courard va interroger d’une part la ministre de la Santé publique à la Chambre afin de connaître ses intentions, d’autre part le ministre-Président wallon pour savoir ce qu’il compte faire pour "défendre les patients wallons floués par ce projet".


"L’hélicoptère poursuivra l’aide médicale urgente !"


  • Vous avez décidé de retirer à l’hélicoptère ses missions AMU ?

Maggie De Block: " Pas du tout. J’ai clairement annoncé il y a quelques semaines que, dans le cadre de la réforme de l’aide médicale urgente, il n’était pas prévu de retirer ces missions à l’hélicoptère de Bra-sur-Lienne. Il continuera à fonctionner, comme l’hélicoptère de Bruges, dans le cadre d’un projet pilote. À ce titre, il continuera à recevoir un montant annuel de 62.500 euros du ministère de la Santé publique."

  • Sera-t-il dorénavant réservé aux transferts de patients entre hôpitaux ?

 " Il y a, probablement, eu un problème de compréhension. En réalité, j’ai demandé un avis à un collège d’experts afin de confier, à l’hélicoptère de Bra-sur-Lienne, des missions complémentaires, mais aucune décision, à ce sujet, n’a encore été prise."

  • Quels types de missions ?

" Elles porteraient sur le transfert des patients d’un hôpital à l’autre lorsque le trajet est très long et ce, pour améliorer le confort. Si l’avis est favorable, le nombre de missions pourra être revu à la hausse tout comme le financement du ministère de la Santé publique."


N.L.