Luxembourg Les plaignantes étaient des patientes. Le jugement est tombé après des mois de procès

La décision est enfin tombée concernant un médecin généraliste de Léglise, le D r Pierre Moreau, qui devait répondre de viol sur des patientes. L’intéressé, âgé de 66 ans, demandait son acquittement. Mais le tribunal le condamne à 5 ans de prison dont 4 ans ferme. L’arrestation immédiate, réclamée par le parquet, n’est toutefois pas ordonnée.

Il était tout d’abord question d’un viol digital dénoncé par une patiente en 2013. Le praticien évoquait un examen gynécologique au sein du cabinet mais mal perçu. Le second était relatif à des abus, sur une période de 2000 à 2013, sur une patiente atteinte d’un retard mental. Le médecin avait expliqué que cette patiente venait souvent à son cabinet pour des problèmes respiratoires mais qu’il lui administrait en réalité un placebo. Mais le prévenu niait tout viol. Pour la seconde plaignante, une expertise a conclu à une déchirure de l’hymen compatible avec une perte de virginité. Mais le médecin a avancé une autre explication pour la patiente atteinte de retard mental. Cet état a pu être provoqué, selon lui, par une pratique fréquente du vélo.

L’avocat du prévenu, Me Julien Pierre, avait, lui, plaidé que les patientes fragiles se sont peut-être influencées mutuellement. De son côté, le procureur Donnay avait évoqué des plaintes d’autres dames mais pour des faits prescrits. Un jugement était déjà attendu en août 2017. Mais alors que le dossier était en délibéré, l’accusatrice, qui avait dénoncé le viol au sein du cabinet, avait laissé un message au médecin en lui demandant combien il lui donnerait si elle retirait sa plainte. Le tribunal avait ordonné une réouverture des débats et par la suite, un nouvel examen médico-légal de la patiente atteinte d’un retard mental. Du côté de la défense des parties civiles, on évoque un soulagement des victimes d’avoir été entendues même si le médecin a encore la possibilité de faire appel. L’Ordre des médecins pourrait aussi être interpellé par les parties civiles même si le médecin ne pratique plus.

S.E.