Luxembourg

Alain Denève laisse sa place aux jeunes

Ils ne sont pas nombreux les sportifs qui peuvent s’enorgueillir d’avoir marqué plusieurs décennies de leur empreinte.

Dans le monde du volley-ball luxembourgeois et plus particulièrement dans le nord de la province, le nom d’Alain Denève fait l’unanimité depuis près de 40 ans. Une carrière qui l’a amené au sommet de la discipline mais qui a commencé dans le club de Bovigny. "Je devais avoir quatorze ans quand j’ai suivi mon premier entraînement dans la salle de sport de l’Otan à Bovigny", explique Alain Denève. "On était une bande d’amis et on a gravi les échelons tous ensemble pour se retrouver en deuxième nationale. On formait un vrai groupe et quand l’amitié vous lie, vous êtes capables de renverser des montagnes."

Ses qualités de passeur ne vont pas passer inaperçues. Et après dix années en N2, l’étape suivante était d’aller tenter sa chance dans les divisions supérieures. Saint-Vith et Eupen seront les deux clubs qui lui permettront de découvrir. "Cela m’a permis de découvrir le top niveau", se remémore-t-il. "Saint-Vith était un club extrêmement bien structuré et tout était fait pour que l’on soit dans les meilleures conditions possible. Cela nous a permis de monter en division d’honneur et je ne vous dis pas ce que l’on peut ressentir quand on se retrouve à Maaseik ou à Houthalen pour affronter les meilleures équipes du pays."

Alain va alors revenir à ses premières amours. Et que ce soit en nationale 3 où il évoluait encore il y a peu ou en P1 où il vient de disputer les playoffs avec Athéna, il affiche toujours la même détermination sur le terrain.

Pourtant, samedi dernier, à l’occasion de la dernière rencontre de ces playoffs face à Bouillon, il a décidé de tirer sa révérence. "Pourtant, je m’étais dit que je n’arrêterais que si l’envie n’était plus là, s’il n’y avait plus de motivation", explique-t-il. "Mais ici, je sens tout simplement qu’il est temps de passer la main et de laisser la place aux jeunes. Je ne sais pas encore si cela va me manquer, mais je vais rester actif dans le volley puisque je continue à entraîner à Houffalize et à Athéna."

C’est, par conséquent, la fin d’une belle et grande aventure qui aura encore prouvé qu’on pouvait partir du bas de la pyramide pour atteindre les sommets à force d’envie et de travail.


La formation des jeunes

Professeur d’éducation physique de formation, Alain Denève est depuis toujours un formateur dans l’âme. Et s’il a eu le rôle de joueur-entraîneur durant de nombreuses années, c’était aussi pour pouvoir accompagner les plus jeunes éléments qu’il forme. “C’est évidemment une grande fierté de voir les plus jeunes que l’on a pris à la base et de les voir évoluer à un bon niveau”, explique ce dernier. “Et même si je reconnais parfois des coups de mou en hiver pour me mettre en route, une fois que je suis arrivé à la salle, la motivation reprend le dessus et le plaisir est toujours bien présent.” Et voir une équipe comme celle de P2 d’Houffalize devenir championne uniquement avec des éléments formés au club confirme la qualité de son travail.


Entraîneur à Athéna et à Houffalize

S’il arrête sa carrière de joueur, Alain va continuer à donner de très nombreux entraînements. Dans son club d’Athéna mais également à Houffalize où il est présent depuis plusieurs années. “C’est à l’époque où nous sommes montées en nationale 3 et où l’on a proposé à Athéna qui descendait de regrouper les forces vives dans une seule équipe”, explique Anne-Sophie Gadisseux. “Alain était leur entraîneur et a accepté de relever le défi. Il est venu avec les filles d’Athéna pour s’occuper de l’équipe et des entraînements. Trois années plus tard, il est toujours présent chez nous. Et même si l’on fait forfait avec l’équipe qui devait monter en nationale, il s’occupera toujours de l’équipe de P1 la saison prochaine.”


Un passeur hors pair

Bruno Marc est le président du club d’Athéna et fut le coéquipier d’Alain durant les années fastes du club. “Celle où l’on évoluait en nationale 2 devant une salle comble”, se remémore ce dernier. Et quand il parle des qualités sportives et humaines de son ex-coéquipier, on sent l’enthousiasme. “Au fil des années, on est devenu des amis et je pourrais vous parler des après-matches. Mais autant Alain est quelqu’un de discret dans la vie quotidienne, autant c’est un meneur d’hommes quand il est sur le terrain et il est capable de pousser une gueulante. Sinon c’est un passeur qui a de grosses qualités techniques, capable de varier le jeu en faisant participer tout le monde et doté d’une grande précision.”