Luxembourg

Les grévistes se relaient jour et nuit pour empêcher l’approvisionnement des magasins.

Depuis vendredi, un piquet de grève bloque le centre de distribution Lidl de Marche-en-Famenne, qui approvisionne une soixantaine de magasins en provinces de Luxembourg, Liège et Namur, ainsi qu’au Grand Duché. Malgré des conditions climatiques absolument dantesques, les grévistes se relaient jours et nuits pour empêcher l’acheminement par camion des marchandises. 

L’action se poursuivra jusque mercredi… au moins. « Nous rencontrons tous nos délégués mercredi pour déterminer une stratégie à moyen terme », explique Myriam Delmée, présidente du SETCA, qui déplore l’absence de contact avec la direction. Les organisations syndicales réclament des mesures permettant d’alléger la charge de travail qui pèse sur les travailleurs en magasins. « Il s’agit avant tout de répondre à un malaise du personnel. Dans l’urgence, nous voulons que 42 heures dédiées à la vente soient injectées dans chaque magasin en attendant l’adoption d’une convention collective. Pour l’instant, la direction daigne les injecter pour une durée de 6 mois, le temps de négocier quelque-chose. » Mais les syndicats craignent qu’aucune piste ne soit dégagée au terme de l’échéance. « Nous nous retrouverions alors sans rien. Or, nous avons des doutes quant à la bonne foi de la direction et à leur volonté de trouver une solution sur le long terme. On n’est encore jamais parvenu à obtenir une convention qui tienne la route en six mois. Nous demandons donc que ces heures supplémentaires soient injectées pour une durée indéterminée. » Voilà plusieurs jours que les travailleurs dénoncent la pression imposée par la chaîne de grande distribution. 

« C’est la première grève structurelle dans l’histoire de Lidl », constate Myriam Delmée. « Le personnel a pris son mal en patience jusqu’à présent, espérant que les choses allaient s’arranger. Mais à force de tirer sur la corde… » Les chiffres interpellent. « Sur 6.000 travailleurs, dont plus de la moitié a moins de 35 ans, 900 départs ont été enregistrés l’année dernière. Le turnover annuel est de 36%. C’est énorme ! »