Luxembourg Le prévenu affirme avoir été victime de violences policière

Un agriculteur de la région de Manhay est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Marche pour répondre de rébellion armée. Les policiers l’avaient menotté puis embarqué à l’hôpital suite à une interpellation musclée le 15 mai 2017. C’est un inspecteur en civil qui avait donné l’alerté après avoir été interpellé par le comportement suspect du fermier dans une friterie de la région. À l’arrivée des renforts, l’intéressé avait quitté les lieux.

"Les choses auraient pu mal tourner dès le départ", commente Cédric Bernès, l’avocat des deux policiers en patrouille ce soir-là, aujourd’hui parties civiles. "Monsieur est reparti par des chemins de terre à une allure telle que, s’il avait croisé un cycliste ou un piéton, il l’aurait tué."

Les forces de l’ordre avaient fini par intercepter le chauffard dans l’enceinte de sa ferme. Son énervement était tel que les policiers avaient du recourir au spray lacrymogène, avant de l’emmener à l’hôpital en combi pour lui faire subir une décontamination.

Le fermier parle d’une intervention purement gratuite. "C’est vrai que j’avais bu un verre, mais ce n’était pas une raison pour me matraquer comme ça. À l’hôpital, ils m’ont menotté, attaché les pieds au lit, puis j’ai reçu 25-30 coups. C’était comme une vengeance."

Des explications que le parquet qualifie de "farfelues". "Il a fallu faire appel à une deuxième équipe pour maîtriser monsieur", souligne la partie civile. "Les infirmiers ont voulu lui injecter un sédatif, mais il était tellement énervé que l’aiguille s’est pliée. D’après le personnel infirmier, il est devenu ingérable. Il donnait des coups de pied, crachait, se débattait avec tellement de force que le brancard s’est déplacé."

Le parquet requiert 10 mois, déplorant l’absence totale de remise en question dans le chef du prévenu. Jugement le 27 juin.

N.P.