Luxembourg La tenancière du New Tacot aurait, à plusieurs reprises, été menacée de mort par le suspect

Le surlendemain du drame qui a endeuillé la rue de Neufchâteau à Bastogne, Philippe Lemaire, l’assassin présumé de Marie-Thérèse Roufosse, était toujours activement recherché. Aucune trace du quadragénaire qui a pris la fuite, sans doute, après avoir tué dimanche soir la tenancière du café Au New Tacot d’une balle dans la tête.

"Quand il avait été jugé devant la cour d’assises du Luxembourg, en 2000, dans l’affaire qui l’opposait à un exploitant forestier de Longvilly, un rival amoureux, il habitait dans la commune de Houffalize, se souvient un client du café. Après sa condamnation pour coups et blessures, il s’était expatrié. Il a vécu quelques années en Espagne avant de se domicilier dans la commune de Bastogne."

Ce client, qui témoigne sous le couvert de l’anonymat, avait peur de lui. "Il était toujours assis au même endroit et avait un regard sombre, poursuit-il. Il me faisait peur. Il ne quittait pas Marie-Thérèse des yeux. Il la surveillait et la harcelait sans cesse. Elle devait lui rendre des comptes."

Selon ce client, la tenancière avait déposé plainte à la police contre cet homme, qui était ou avait été son compagnon, mais la plainte aurait été classée sans suite. "La police était venue au café presque en s’excusant d’enquêter sur cet individu alors qu’il a de lourds antécédents judiciaires. Je ne comprends pas pourquoi Marie-Thérèse n’a pas bénéficié d’une protection policière alors qu’il avait proféré des menaces de mort à son encontre."

Dans le quartier , ils sont plusieurs à se souvenir que cet individu peu recommandable a affirmé, à plusieurs reprises, qu’il allait la tuer. "Il répétait qu’il la tuerait pour ce qu’elle lui avait fait et que d’autres personnes se trouvaient sur sa liste, se rappelle un voisin. On pensait qu’il plaisantait. On ne le prenait pas au sérieux."

Les résultats de l’autopsie de la victime n’ont pas encore été communiqués par le parquet du Luxembourg.

Nadia Lallemant