Luxembourg Éleveur de porcs à Nassogne, André Magerotte a pris des mesures pour protéger son cheptel

La découverte de trois sangliers supplémentaires contrôlés positifs, ce qui porte à 18 le nombre de cas viropositifs depuis la détection du virus de la peste porcine africaine en Gaume, a provoqué une nouvelle onde de choc en province de Luxembourg, y compris chez les éleveurs qui ne se trouvent pas dans le territoire de confinement de 63.000 hectares.

"Je suis très inquiet", nous a confié André Magerotte, à la tête d’un élevage porcin de plein air à Nassogne. "J’ai pris d’emblée des mesures pour protéger mon cheptel alors qu’il se trouve à une soixantaine de kilomètres du périmètre infecté."

L’éleveur met tout en oeuvre pour éviter que des sangliers ne pénètrent dans son exploitation agricole. "En 20 ans, malgré ma double clôture, deux sangliers sont déjà entrés dans ma ferme", se souvient-il. "J’ai décidé de construire deux clôtures supplémentaires de 8 km afin d’éviter toute intrusion car les sangliers infectés se déplacent et pourraient assez rapidement changer de territoire et se retrouver à proximité de ma ferme."

Selon l’éleveur du porc des prairies d’Ardennes, il y a d’autres sources possibles de contamination et, de ce côté-là aussi, il prend des mesures de précaution. "Il arrive que des promeneurs leur donnent à manger", poursuit-il. "Afin d’éviter qu’ils ne soient infectés de cette manière, j’ai fermé et cadenassé toutes les barrières."

L’éleveur ne craint pas, comme d’autres, la perte de clientèle à l’exportation, ou la chute du prix de la viande. "Je travaille en circuit court. Toute la production est vendue à la boucherie de la ferme", explique-t-il. Par solidarité avec les éleveurs du sud qui doivent abattre leur cheptel, André Magerotte a envoyé un courrier à Namur afin de dénoncer l’abattage de 4.000 porcs sains.

Le ministre Denis Ducarme rappelle, quant à lui, que des indemnisations sont prévues en fonction du type d’élevage et que les éleveurs concernés peuvent demander une suspension des cotisations sociales pendant la période de crise.

Nadia Lallemant