Luxembourg Le président de la société de pêche La Salmiote envisage de se constituer partie civile

"Il n’y a plus de vie dans le ruisseau de Hermanmont, du zoning de Burtonville jusqu’à la jonction avec la Salm. Des produits chimiques ont entraîné la mortalité de la totalité de la faune aquatique sur environ trois kilomètres. C’est une catastrophe écologique. Il faudra attendre trois ou quatre ans avant un retour à la normale."

Jules Bonmariage, le président de la société de pêche La Salmiote, est en colère. Tous les efforts consentis, ces dernières années, pour redonner vie au ruisseau qui coule en contrebas du zoning industriel ont été anéantis. "La dernière pollution de ce ruisseau remonte à 2008", se rappelle-t-il. "Nous pensions que toutes les mesures avaient été prises pour préserver l’environnement. Cette nouvelle pollution, constatée le mardi 26 juin vers 14 h, est intolérable. Le responsable de l’usine concernée doit avoir l’honnêteté d’en parler. Or, personne ne veut endosser la responsabilité."

Si, à la suite de l’intervention du DNF et des services de la pêche, des prélèvements d’eau ont été effectués, il craint que les responsabilités ne puissent être établies. "Les produits chimiques étaient sans doute déjà dilués", poursuit-il. "Les résultats des analyses devraient être connus dans les prochains jours. La société de pêche envisage de se constituer partie civile mais pour cela il faut qu’elle sache de quel produit il s’agit et quelle est sa provenance. Par le passé, nous avons déjà déposé plainte contre x mais il n’y a jamais eu de suites."

Le collectif Vie Salm n’a pas tardé à réagir : "Pendant que les citoyens attendent que les politiques prennent des mesures pour un zoning plus propre et respectueux de la santé des habitants, la faune paie les pots cassés", dénonce-t-il. "Tous les poissons sont morts du zoning jusqu’en dessous du plan d’eau. Il est grand temps que les élus au pouvoir se réveillent !"

Au récent conseil communal, le bourgmestre a par ailleurs précisé qu’il n’avait pas encore reçu les résultats des analyses et qu’il semble que le bassin de décantation n’ait pas joué son rôle.

Nadia Lallemant