Luxembourg Les ventes ne sont plus aussi bonnes qu’il y a quelques années.

À Neufchâteau, José Lequeux vend des motos et des quads depuis plus de vingt ans. Selon lui, le marché est en pleine mutation et il faut sans cesse se diversifier sous peine de devoir disparaître. "On ne sait plus décemment vivre si l’on ne vend qu’une seule marque. Moi, ça fait environ quinze ans que je suis spécialisé en Kawasaki. Je viens juste de conclure un partenariat avec la marque européenne Triumph (marque anglaise). J’ai donc dû investir dans mon showroom pour répondre aux exigences de ce nouveau partenaire. Ils exigeaient que je me conforme à leur standard. C’est normal, c’est la procédure qui est la même avec les autres marques. Mais je comprends qu’elle peut paraître contraignante pour certains", explique-t-il.

Le gérant ajoute qu’il n’a pas d’autres choix. Les marges réalisées sur les ventes sont minimes et la clientèle est de plus en plus exigeante. La pression est parfois compliquée pour les concessionnaires indépendants. Et il faut se soumettre aux exigences des constructeurs qui ne sont pas toujours tendres dans leur cahier des charges. Le paysage de la moto va donc encore changer d’ici cinq ans. "Ceux qui ne le comprennent pas vont droit dans le mur."

Du côté de Marche, Guy Ringlet va devoir fermer sa boutique en fin d’année. Malgré 27 ans de bons et loyaux services au sein de la marque Triumph, il n’a guère d’autre choix que d’arrêter. À contrecœur. "A bientôt 65 ans, j’ai encore la volonté de poursuivre cette activité. Mais Triumph ne veut pas et vient tout juste d’arrêter de me livrer les nouvelles motos. Je ne peux donc plus en commander. Il ne me reste que les pièces de rechange et les entretiens pour terminer ma carrière. Pourquoi ? Ils voulaient que j’investisse dans mon showroom pour répondre à leur nouveau standard. À mon âge, c’était trop onéreux et ça n’en valait pas la peine. Moi, je voulais simplement continuer jusqu’à ma retraite", explique-t-il dépité.

Le sentiment est à peu près le même partout dans la province chez les indépendants. La pression est telle qu’ils ne tiendront peut-être pas tous. Comme dit précédemment, le marché va changer. À Bastogne, le gérant du magasin Ducati a décidé de définitivement s’installer sur le sol luxembourgeois. Et ce n’est peut-être pas terminé…

Laurent Trotta