Luxembourg La chaise roulante de la victime a été utilisée comme jeu

Du pâté lancé sur les murs, des WC badigeonnés de savon, sa chaise roulante utilisée comme jeu puis emportée, des cigarettes et une somme de 50 euros volée…

Le 12 avril 2017, une dame handicapée a vécu, selon son avocat, "un calvaire", chez elle à Saint-Hubert. Au point qu’elle a préféré déménager. Ce soir-là, une bande de jeunes, dont elle connaissait certains, a débarqué chez elle. Certains avaient bu. Cela tournera en humiliation. Un jeune commencera par s’asseoir sur ses genoux, la bande dessinera sur le corps et les vêtements de la victime.

En tout six jeunes - quatre garçons et deux filles- doivent répondre, pour cette virée, de traitement inhumain et dégradant devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau.

Me Alexandre Mignon, conseil de la dame, constituée partie civile à hauteur de 2.500€, parle de "désintérêt pour la dignité humaine". Les jeunes ne nient pas les faits, certains estimant avoir plus un rôle de suiveur. L’effet de groupe a aussi certainement joué un rôle.

Le parquet, représenté par le substitut D’Huart, a néanmoins distingué des rôles. Et des peines différentes sont réclamées en fonction de l’implication, allant de au maximum 18 mois de prison sans s’opposer à une mesure de faveur à des peines de travail de 80 heures (pour les jeunes filles).

Du côté de la défense, les avocats des prévenus ne peuvent que condamner les faits. Mais tous demandent de prendre en compte la personnalité de leurs clients. Certains prévenus sont de jeunes parents, d’autres vont le devenir. La plupart cherchent à s’insérer sur le marché de l’emploi. Au final, des peines de travail ou le sursis est sollicité. L’un des jeunes gens, demande l’acquittement à titre principal car il fait valoir qu’il n’a pas participé activement à l’humiliation. Jugement le 7 août.

S.E.