Luxembourg Un homme aurait tenté de renverser son voisin avec sa voiture

Un homme est poursuivi pour tentative de meurtre sur son voisin ; voilà plusieurs années qu’un conflit de voisinage fait rage entre plusieurs habitants du village de Mormont (Érezée).

"On a mis le feu à la ferme de mon client, on lui a volé du bétail à plusieurs reprises. Il y a même un volet où il a été retrouvé attaché à un poteau et menacé par toute une série de personnes", explique Paul Remy, l’avocat d’un agriculteur local. Ce dernier s’est constitué partie civile devant le tribunal correctionnel de Marche pour une tentative de meurtre dont il aurait été victime le 13 mai dernier de la part de son voisin. Une scène filmée par des caméras de vidéosurveillance, dont les images ont été projetées à l’audience en janvier dernier.

"On y voit le prévenu en voiture donner un coup de volant vers la victime", commente le parquet qui réclame deux ans d’emprisonnement pour tentative de meurtre. Le ministère public n’écarte pas pour autant l’hypothèse d’une tentative d’intimidation, et envisage une peine de 3 mois pour menace par geste et emblème.

Interrogé sur ses motivations le soir des faits, le prévenu explique ne pas se souvenir de tout. "J’avais bu alors que j’étais sous médication. Mais je n’avais pas l’intention de donner la mort au voisin."

Pour l’avocat de la défense, Pierre Neuville, la qualité de la vidéo ne permet pas de conclure à la tentative d’homicide. "Devant le juge d’instruction, les verbalisants affirment que tout est lipide, et quand on les entend par après, ils indiquent que la vidéo est de mauvaise qualité", observe l’avocat. "Les services judiciaires travaillent dans l’urgence et le magistrat instructeur fait confiance à ses policiers, mais il faut être extrêmement prudent."

Me Neuville évoque les antécédents dans le cadre de ce conflit. "Tout le monde a des choses à se reprocher. Mon client était au bout du rouleau quant à la relation qu’il avait avec son voisin. Depuis de nombreuses années, il se plaint de problèmes liés au purin qui s’écoule sur sa propriété, aux routes souillées, à des clôtures arrachées. Une suspension du prononcé pourrait calmer les velléités des uns et des autres tout en ramenant la paix dans le secteur." Jugement le 25 mai.

N.P.