Mons-Centre Les policiers ont mis la main sur des armes et cent plants de cannabis

L’affaire était peu banale ce jeudi après-midi devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Mons. Une avocate, Me Lydia, installée à Péronnes, et son compagnon comparaissent dans un dossier stupéfiants et armes.

Le ministère public leur reproche une culture de cent plants de cannabis à leur domicile de Binche, où se trouvait aussi le cabinet d’avocats de la prévenue. Une prévention de détention d’armes (des riot-gun) ainsi que leur transport est également retenue à charge de son compagnon détenu. Climat électrique à l’audience où à la défense Me Mayence et Me Bouchat ont notamment pointé des irrégularités de procédure, là où le substitut Moinil a martelé sa stupéfaction, voire même son indignation.

Tout a commencé en mai 2017 suite à des sources policières qui suspectent une plantation de cannabis au domicile des prévenus. Police, parquet, juge d’instruction et même bâtonnier sont appelés à la rescousse pour perquisitionner le domicile situé dans une ancienne banque.

De fil en aiguille , tout ce petit monde prend la direction de la salle des coffres. Cette dernière a été réaménagée en plantation de cannabis. Cent plants ont été saisis par les enquêteurs. "Ce n’est pas tous les jours que des policiers découvrent une plantation de cannabis chez un avocat", pointe le substitut. "J’étais très surpris mais le volet le plus important n’est pas celui de la plantation, c’est celui des armes… Six riot-guns dans des boîtes en carton introduits dans le pays, sans autorisation !"

En fait, c’est surtout le compagnon de l’avocate qui est visé dans cette affaire. C’est lui qui cultivait et c’est lui qui détient un permis français de port d’armes et qui a acheté les armes saisies. Elle, elle a fermé les yeux et a laissé faire. "Je m’y suis opposée mais c’était aussi sa maison", affirme-t-elle, estimant devoir protéger sa vie de famille.

À l’audience, le compagnon de l’avocate a donc expliqué ses arguments. Le cannabis ? "Je n’en ai jamais vendu, c’était pour ma consommation personnelle à des fins thérapeutiques." Il a même suivi des conventions à l’étranger pour mieux appréhender les vertus.

Quant aux armes, il ne nie pas les avoir achetées chez un armurier du côté de Maubeuge. Ce n’est pas illégal puisqu’il détient un permis. Sauf que le ministère public ne voit pas d’un très bon œil ces armes en liberté et potentiellement remises à autrui ne disposant pas de permis en Belgique. Et puis, il y a aussi l’Opérateur des réseaux gaz et électricité (Ores) qui s’est vu, selon ses estimations et suivant les relevés en sa possession, floué de plus de 80.000 euros.

Pour l’ensemble, le cultivateur risque quatre ans et demi de prison, l’avocate risque quinze mois de prison, avec ou sans sursis probatoire. Les conseils des prévenus ont pointé un manque de preuves objectives pour réclamer de la clémence, du sursis probatoire et même l’acquittement de certaines préventions. Jugement dans un mois.