À Binche aussi, on fait dans la dentelle

Cedric Lobelle Publié le - Mis à jour le

Mons-Centre

On fait chez nous la dentelle la plus difficile au monde !

BINCHE

Le grand public le sait à peine : Binche n’est pas seulement connu pour son carnaval, mais aussi pour sa dentelle, avec sa particularité, le point de Binche, un des plus difficiles. Bien sûr, nous sommes loin de la prospérité du milieu du XIXe siècle, qui voyait 1.800 ouvrières au turbin rien qu’à Binche.

La mode et l’émergence des métiers de la confection ont eu raison d’une activité aux grosses exigences et au maigre salaire. Néanmoins, après des dizaines d’années dans l’ombre, cet artisanat, préservé par la tradition et quelques Binchoises, semble revivre quelque peu.

Le point de Binche est à nouveau enseigné depuis les années 50. “On dit du point binchois que c’est le plus difficile au monde”, relate Willy Burgon, fondateur en 1989 et directeur de l’ASBL Le Fuseau, sise Grand-Place.

“Il est issu de la tradition hennuyère, originaire de Valencienne. Sa caractéristique : un fil très fin, jamais coupé (NDLR : “continu”), qui combine plusieurs techniques. Au XIXe, c’était une véritable torture car elle était réalisée dans les masures mal éclairées. Les marchands les récoltaient pour les vendre dans les centres urbains.”

La dentelle, devenue décorative avec des motifs traditionnels ou contemporains, emploie quelques personnes à Binche : deux au fuseau, Caroline Guerriero et Luciana Stephanini, qui les réalisent en vue d’exposer ou de vendre, ainsi qu’à l’institut supérieur Plus Oultre, qui forme des dentellières de Binche .



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