Mons-Centre Le condamné avait mis cinq Bulgares sur le trottoir et les contrôlait affectivement

La cour d’appel du Hainaut a prononcé une peine de huit ans de prison ferme contre Krasimir, un Bulgare qui avait écopé de six ans de prison ferme devant le tribunal correctionnel de Charleroi, le 21 septembre 2017, pour des faits de proxénétisme et de traite des êtres humains.

L’homme avait mis cinq Bulgares sur le trottoir et avait un contrôle affectif sur ces jeunes femmes qui se trouvaient dans une situation sociale précaire. Le Bulgare avait contesté la prévention de traite des êtres humains, arguant que les cinq filles se prostituaient volontairement.

Il avait déjà écopé de quinze mois avec sursis probatoire, en décembre 2014, pour des faits identiques. L’avocat général, Isabelle Algoet, avait qualifié le Bulgare de "lover boy", un homme qui profitait de l’attachement émotionnel des victimes pour avoir un contrôle total sur elles. "Ce qu’elles ont vécu, c’est de l’esclavage", avait insisté l’avocat général. C’est ce qui a été retenu par la cour d’appel, vendredi.

La cour a retenu la contrainte que le prévenu exerçait sur les victimes, lesquelles n’avaient pas d’autres choix que de se prostituer et de se soumettre au comportement abusif du prévenu. Ce dernier avait expliqué que les cinq femmes étaient amoureuses de lui et qu’elles lui faisaient de petits cadeaux. "Je ne les ai jamais battues ni profité de leur argent", avait-il déclaré dans sa langue natale devant la cour.

Tous vivaient sous le même toit, à Courcelles, et lui menait une vie de pacha alors qu’il n’était que livreur de journaux. Il passait ses journées au casino et obligeait, selon l’accusation, les filles à ramener 200 euros chaque jour, sept jours sur sept. La cour a prononcé la confiscation d’une somme de 26.400 euros et d’une Audi A6 avec laquelle Krasimir déposait les filles chaque jour pour aller faire le trottoir. Cette voiture n’avait pas été confisquée par le premier juge.

Une amende de 5.000 euros sera aussi payée par le prévenu, lequel recevrait en prison de fortes sommes d’argent des filles qui travaillent encore pour lui.