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Amère fin pour une confiserie

(29/11/2011)

Les 18 salariés de la confiserie Jacser, tous licenciés, essayent de comprendre

DOUR “J’ai 55 ans, je travaille chez Jacser depuis mes 15 ans. Je n’ai jamais connu d’autre employeur. Je suis à cinq mois de la prépension. Mais surtout, j’ai reçu mon C4.”

Chantal Capouillez en a gros sur la patate. Mercredi dernier, à l’instar de ses 17 collègues de la confiserie douroise, elle a appris que c’était terminé. Brutalement, sans mettre de gants, la direction de la maison-mère (la famille Van Herpen, qui possède aussi les marques Panis, la Lorraine, et Astra Sweets) propriétaire de Jacser depuis deux ans et demi, a mis un terme à l’existence d’une société qui a fêté il y a quelques années ses 50 ans.

Chantal est désemparée. “Ce n’est pas à mon âge que je vais retrouver un emploi. C’est vrai, j’ai reçu mon préavis légal... Mais c’est dur. Pour tout le monde. Même si les plus jeunes retrouveront plus facilement un travail.”

Comme PME de 18 personnes, Jacser ne disposait pas de délégation syndicale. “C’est grâce à cela qu’ils ont pu opérer aussi facilement”, analyse François Homerin, secrétaire de la CSC Alimentation & Services. “Et encore, c’est via des collègues d’un autre siège que nous avons appris la nouvelle. Les travailleurs ne demandent pas à être réintégrés. Mais ils ne veulent pas qu’on les ignore !”

C’est pourtant ce que fait leur direction. Depuis l’annonce du licenciement collectif, elle reste sourd aux appels des syndicats FGTB et CSC. “On n’arrive pas à déterminer qui sera notre interlocuteur. Ce licenciement collectif est légal. Ils garantissent l’indemnité légale, et la mise en place d’une cellule de reclassement pour les plus de 45 ans. Mais la méthode est immorale et sans considération pour le personnel.”

L’usine a été fermée du jour au lendemain. Les stocks ont été évacués rapidement vers la maison-mère à Turnhout. Les machines seront en partie transférées.

“C’est ça qui pose question”, ajoute Michaël Herbots, de la FGTB Horval. “La direction prétexte que le matériel et les bâtiments sont vétustes et qu’investir pour moderniser coûterait trop cher. Mais ils ont bien fonctionné jusqu’à présent avec un personnel compétent. Et une partie des bâtiments n’ont que quelques années (NDLR: il avait fallu reconstruire suite à un incendie). En fait, nous pensons que la famille Van Herpe fait face à une grosse concurrence et une baisse des commandes, et elle préfère liquider une petite implantation comme celles de Dour. Mais après avoir récupéré son expertise et son savoir-faire...”

Ce que les syndicats espèrent, c’est que les deux dames qui devaient être prépensionnées puissent quand même obtenir leur prépension. “Mais pour ça, il faudrait trouver un interlocuteur !”



C. Lo.

© La Dernière Heure 2011

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