Mons-Centre

Seules les administrations de Mons, Saint-Ghislain, Colfontaine, Jurbise et Quévy dépassent, souvent de peu, la note de 5 sur 10, selon l'enquête de l'ASBL Passe-Muraille

Durant pratiquement un an, Laurent Duquesne, architecte et conseiller en accessibilité au sein de l’ASBL Passe-Muraille, a parcouru - du moins lorsque c’était possible - les couloirs des administrations communales et des CPAS de Mons-Borinage, afin de vérifier leur accessibilité aux personnes à mobilité réduite (PMR). Le constat est sans appel : la situation est déplorable.

Au total, ce sont 13 administrations et 12 CPAS (Boussu n’a pas donné suite aux demandes) qui ont été visités par Laurent Duquesne, l’un des seuls architectes sourds de Belgique. Plusieurs formes d’accessibilité ont ainsi été analysées : l’accessibilité technique, l’accessibilité comportementale et, enfin, l’accessibilité communicationnelle. Au terme de ses visites et sur base de plusieurs critères, Laurent Duquesnes a attribué une note allant de 0 à 10.

Seules cinq administrations (Mons, Saint-Ghislain, Colfontaine, Jurbise et Quévy) dépassent la note de cinq sur dix. Pire encore, seul le CPAS de Saint-Ghislain obtient la moyenne (5,1). Les reproches à formuler sont malheureusement multiples. Ainsi, 88,8 % des parkings adaptés sont proches des administrations mais 37,5 % d’entre eux ne sont pas conformes et 25 % n’ont pas d’accès aux trottoirs. Ces chiffres passent à 50 %, 66,6 % et 65 % pour les CPAS.

50 % des voies d’accès sont accessibles aux roues et 50 % des portes d’entrée des administrations sont conformes et accessibles, pour 25 % et 20,8 % pour les CPAS. Ajoutons à cela des rampes d’accès ou des ascenseurs inexistants ou non conformes, des WC PMR conformes mais transformés en espace de stockage (40 % dans les administrations), un accueil, des guichets et des dispositifs de paiement inadaptés voire inaccessibles et enfin, une sécurité incendie problématique puisque les alarmes sonores ne sont pas doublées par du visuel.

Outre ces aspects techniques, cette étude de terrain a démontré qu’il restait encore énormément de travail à fournir en matière de signalétique, d’affichage et de transmission de l’information, et qu’une majeure partie du personnel des administrations et des CPAS n’est pas formée à l’accueil de personnes déficientes. Difficile, dès lors, de répondre aux besoins de l’interlocuteur et de lui offrir une expérience positive dans un lieu public fréquenté qui devrait naturellement être accessible à tous…

Philippe Harmegnies Directeur de l’asbl : "Nous sommes dans une démarche constructive et réflexive. Sur base de constats, nous souhaitons ouvrir le dialogue avec les administrations et CPAS afin de proposer des solutions, des aménagements. Les résultats ne sont pas mirobolants mais il est possible de faire mieux, petit à petit. Nous attendons désormais les réactions des élus et espérons une prise de conscience, plus encore alors que nous sommes à un an des élections. Le bourgmestre de Lens a déjà assuré qu’il ferait son possible avec les moyens mis à sa disposition pour améliorer la situation. Nous espérons d’autres retours similaires même si notre démarche n’a pas toujours été très appréciée."