Mons-Centre Le propriétaire de la Tour Saint-Albert pourrait introduire un nouveau permis de démolition

La semaine dernière, le collectif de sauvegarde de la Tour Saint-Albert criait victoire alors que le Conseil d’État venait d’annuler le permis de démolition octroyé au propriétaire de l’édifice, Fluxys.

Mais le combat est loin d’être terminé, car Fluxys pourrait rapidement revenir à la charge. "Nous allons analyser en détail la décision du Conseil d’État pour voir les moyens qui ont été retenus pour annuler le permis", indique Rudy Van Beurden, porte-parole de Fluxys. "En principe, nous devrions réintroduire une demande de permis."

Le refrain du propriétaire de la Tour Saint-Albert n’a pas changé : Fluxys n’a pas vocation à rénover le patrimoine industriel wallon. "Le site ne présente plus aucune utilité pour nous", poursuit Rudy Van Beurden. "Quand nous avions voulu le céder à la Ville de Binche pour l’euro symbolique, la condition était de procéder à une démolition partielle de la tour."

C’était sans compter sur les défenseurs de notre patrimoine. Ainsi, les ailes du bâtiment ont bien été cédées à la Ville de Binche qui y a aménagé son dépôt communal. Mais la Tour Saint-Albert n’est toujours pas amputée. Si, avec l’aide de l’UMons, le collectif de sauvegarde a démontré que des projets de reconversion étaient possibles, Fluxys ne compte pas s’engager sur cette voie-là. Depuis le début, le propriétaire tente de se débarrasser de la patate chaude. Vendre l’édifice pour un euro symbolique ou le démolir, oui. Investir pour sa reconversion, non. Fluxys a d’autres chats à fouetter.

Pour le collectif de sauvegarde, la cohérence et la constance du propriétaire de la tour ne surprennent pas. On sait que le salut ne viendra pas de Fluxys. Mais on ne baisse pas les bras pour autant. "Les étudiants de l’UMons ont mis sur pied des projets de reconversion intéressants et viables", commente Maxime Biaumet. "La tour pourrait devenir une pépinière d’entreprises. C’est une reconversion qui répond aux besoins de la région. L’IDEA pourrait piloter ce projet qui répond aux critères du fonds FEDER."

Prochaine étape, l’exposition sur les projets de reconversion de la Tour Saint-Albert.