Mons-Centre Le ministre n’a pas donné suite à des rapports favorables à la sauvegarde de la Tour Saint-Albert

L’avenir de la Tour Saint-Albert est toujours en sursis. Si le collectif de sauvegarde a accordé un peu de répit à l’édifice en obtenant l’annulation du permis de démolition, le géant de béton n’est pas encore tiré d’affaire. Fluxys, le propriétaire de la tour, pourrait prochainement introduire une nouvelle demande de permis.

Parallèlement aux tractations juridiques du collectif de sauvegarde pour empêcher l’irréparable, la Commission royale des Monuments et des Sites de la Région wallonne avait introduit en février 2015 une demande pour inscrire la Tour Saint-Albert sur la liste de sauvegarde du patrimoine.

Première étape avant un éventuel classement, l’inscription sur la liste de sauvegarde protège un bien pendant un an. Tous les effets du classement sont applicables durant cette période. Par conséquent, pas touche à la tour durant ce laps de temps.

Deux ans plus tard, la Commission royale des Monuments et des Sites de la Région wallonne reste sans réponse. "Le ministère ne nous avise pas toujours de sa décision", nous indique-t-on du côté de la Commission royale avec une pointe d’embarras. Quant à savoir pour quelles raisons une demande d’inscription sur la liste de sauvegarde a été introduite… "Ces arguments sont confidentiels. Nous réservons notre rapport pour le ministre."

Ce rapport a été transmis il y a deux ans. Pour répondre à la demande de la Commission royale, le ministre Prévot a dû consulter son administration. D’après nos informations, le Département du Patrimoine a remis depuis un bail son avis préconisant lui aussi d’inscrire la Tour Saint-Albert sur la liste de sauvegarde.

Si le dossier est longtemps resté lettre morte, laissant croire aux défenseurs de la Tour que le ministre jouait la montre pour faciliter les démarches de Fluxys, il nous revient que le ministre Prévot s’est abstenu d’inscrire la Tour Saint-Albert sur la liste salvatrice. Trois raisons sont pointées par le cabinet Prévot : l’absence de projet crédible de réaffectation; la difficulté de restaurer et de réhabiliter ce type de bien; le coût potentiel qui doit être proportionnel à la valeur patrimoniale du bien.

À la lumière de ces motivations qui se veulent sans doute pragmatiques, on peut se réjouir que la préservation des pyramides d’Égypte ne dépend pas de la Région wallonne. Mais pour la Tour Saint-Albert…

Le cabinet Prévot souligne en outre qu’il est "prioritaire de consacrer les deniers publics au patrimoine industriel déjà classé dans la région dont le Triage-Lavoir voisin." La Tour Saint-Albert, condamnée à payer les frais de la gestion calamiteuse du Lavoir de Péronnes ? Le collectif de sauvegarde, lui, n’a pas dit son dernier mot.