Mons-Centre

Stephen Lejuste joue de la viole depuis dix ans au carnaval

La viole est l'un des instruments phares de la bande originale du carnaval de Binche. C'est un orgue de Barbarie portatif dont le clavier et les soufflets fonctionnent à travers un cylindre clouté actionné par une manivelle. L'instrument rythme la sortie des sociétés en costume de fantaisie dès le dimanche. Le lundi, c'est encore la viole qui accompagne les Jeunesses.

On appelle maniqueu celui qui tourne cette manivelle. Stephen Lejuste est l'un d'eux. Ce Binchois a longtemps fait le Gille. Mais il y a dix ans, il a abandonné ses oranges pour la manivelle de la viole. "J'ai toujours été fasciné par cet instrument", nous confie Stephen Lejuste. "Un jour, un cousin qui en jouait m'a proposé d'essayer. Depuis, je n'ai plus arrêté."

La qualité pour être un bon joueur de viole ? "La passion", répond sans hésiter le maniqueu. "C'est tellement dur pour jouer qu'il faut être passionné. On peut parfois avoir des crampes. Mais on passe au-dessus."

La viole a débarqué au carnaval de Binche vers la fin du 19e siècle. Mais elle n'était pas très pratique pour accompagner les sociétés dans leurs déambulations folkloriques. Après l'ajout de quelques bretelles et d'une béquille, la viole était devenue portative et les maniqueux pouvaient arpenter les rues de la Cité des Remparts. Ils sont aujourd'hui eux aussi des personnages incontournables du carnaval. Ils ont d'ailleurs eux droit à une statue, au même titre que les Gilles, les Arlequins et autres Marins.