Mons-Centre Durant au moins quatre ans, la petite Lila a vécu un véritable calvaire auprès de son père

Ce n’est pas un conte de fées qui a été porté à la connaissance du tribunal correctionnel de Mons mais bien une sordide affaire de maltraitance sur une petite fille du Borinage. De 2011 à 2015, un père, un quadragénaire gardien de nuit, n’a manifestement pas pris au sérieux sa responsabilité parentale face à Lila (prénom d’emprunt), sa fille âgée de sept ans au moment des faits. Il est poursuivi pour des coups, de la maltraitance mais aussi des traitements dégradants et inhumains à l’égard de sa fille. Menaces, privation de nourriture, négligences diverses,… Pour le ministère public, ce n’est pas une "simple" affaire de maltraitance avec cette petite Cendrillon du Borinage.

Les rapports de l’école, des psychologues et des services protectionnels de la jeunesse sont unanimes : Lila est une petite fille qui ne pose pas de problème. "Mais elle fait plein de bêtises", rétorquait Thierry, son père. "On parle de vols de bonbons, de pain mangé en trop grande quantité, de sodas ouverts", précise la substitute Walckiers, choquée par un tel dossier où finalement le prévenu ne reconnaît que quelques "fessées" et des "excès de voix".

À l’époque , Thierry rencontrait Laetitia et refaisait sa vie, quitte à abandonner sa petite fille durant tout le week-end avec pour seul repas du pain et salami dans le congélateur. Un jour, elle a mangé 30 tartines de pain sur le week-end, son père la frappe, l’engueule et la prive de repas complet. Une autre fois, elle commandait des films à la télévision, son père la frappe et embarque les câbles à chaque fois qu’il est de sortie. Peu de vêtements, mauvaise hygiène, nourriture rationnée,…

Sa nouvelle compagne Laetitia, mère aussi de deux enfants, ne veut pas non plus de Lila chez elle. Pour ne pas avoir dénoncé les faits qu’elle observait, elle est poursuivie pour abstention coupable. Dans ses déclarations, elle dira que Thierry "déteste sa fille, qu’il va la tuer. Si elle vit encore, c’est uniquement grâce à moi". Car un jour, pour une part de gâteau mangée, Thierry muni d’un couteau va poursuivre Lila. La belle-mère va s’interposer et envoyer Lila dans sa chambre. C’en était trop, Lila est confiée à son grand-père. "C’est un poids en moins" !

Les évaluations psychologiques restent très alarmantes : sentiment d’abandon, angoisses, profonde tristesse,… Le ministère public réclame trois ans de prison à l’égard de Thierry, tout en ne s’opposant pas à un sursis probatoire partiel. Quant à la belle-mère, le ministère public réclame un an de prison avec sursis de cinq ans. Jugement dans un mois.