Mons-Centre Le rapport sur l’église du Sacré-Cœur est interprété de diverses manières

Elle était attendue, elle est arrivée. L’étude de stabilité de l’église du Sacré-Cœur menée par l’IDEA a rendu son verdict. Selon la couleur, il peut être interprété de différentes manières.

Pour Sébastien Deschamps du groupe Ensemble, la bonne nouvelle est que le rapport indique que l’église n’est pas menacée d’un effondrement immédiat. "Cela prouve qu’on peut toujours sauver le bâtiment", souligne le conseiller d’opposition.

Reste à voir qui pourrait bien le sauver. Lors d’une récente séance d’information avec les paroissiens et les riverains, la fabrique d’église et l’évêché ont clairement indiqué qu’ils n’avaient pas l’argent nécessaire pour restaurer le bâtiment. Une procédure de vente est d’ailleurs enclenchée.

Pour l’échevin des Travaux le rapport d’IDEA n’est pas aussi réjouissant. "Il confirme ce que j’avais déjà dit, à savoir qu’une grosse partie des briques est extrêmement friable", pointe Philippe Dumortier. "L’extérieur du bâtiment fait déjà grise mine, mais à l’intérieur, c’est encore pire."

Pour l’échevin, il ne faut pas entretenir de faux espoirs. "On peut, par manœuvre politique, faire croire aux gens que tout est possible", poursuit Philippe Dumortier. "Mais concrètement, il faudrait environ deux millions d’euros pour rénover l’église. Qui va le faire ? Et pour en faire quoi ?"

Dans un premier temps, la commune pourrait intervenir pour poser une bâche, destinée à empêcher que l’église se dégrade davantage. L’option sera discutée prochainement par le collège communal à l’occasion des modifications budgétaires. La suite ? Difficile à dire pour le moment.

Lors de la séance d’information début mai, l’échevine de l’Aménagement du territoire s’était voulue rassurante. Areti Boscoupsios avait en effet déclaré que le bâtiment était repris à l’inventaire du Patrimoine remarquable de la commune d’Écaussinnes. Il ne sera donc pas permis de le modifier, sans présenter une série impressionnante de justifications et de demandes de dérogations à la Région wallonne. Enfin, d’après le plan de secteur, le site ne peut comporter que des constructions ou aménagements destinés à satisfaire un besoin social.