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L'animal souffrait d'une fracture ouverte mais a dû marcher pour quitter les pistes de l'hippodrome

La colère et l’indignation grondent dans le milieu des courses équestres. Lundi, un cheval de course nommé Coffs Harbour, a été victime d’un accident alors qu’il se trouvait dans la boîte de départ de l’hippodrome de Ghlin. Probablement nerveux, l’animal s’est cabré et s’est retrouvé en mauvaise position, souffrant d’une fracture ouverte au niveau de la jambe avant droite.

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Aujourd’hui, Lydia Dumont dénonce les conditions dans lesquelles le cheval a évolué avant que le vétérinaire de l’hippodrome ne mette fin à ses souffrances. “Nous avons élevé ce cheval alors aujourd’hui, la tristesse et la colère sont bien présentes”, explique-t-elle. “C’est le genre d’accident qui arrive, malheureusement. Ce que nous dénonçons, c’est la façon dont l’après a été géré.”

Afin de sortir l’animal de la boîte de départ et de l’éloigner des autres chevaux, il a été décidé de le faire marcher en dehors des pistes. “Mon mari et moi-même avons été dans le métier durant de longues années et jamais nous n’avons connu cela. Faire marcher ce cheval alors qu’il avait une fracture ouverte, c’est ignoble. La priorité, c’était de s’en occuper et non pas de donner le départ de la course. Sa jambe a continué à se déchirer, elle était en lambeau.”

Lydia Dumont déplore également le temps écoulé entre l’accident et la venue du vétérinaire. “Nous sommes conscients qu’il ne peut y avoir de vétérinaire derrière chaque cheval. Mais il a fallu près de dix minutes pour qu’il arrive et qu’enfin, le calvaire de Coffs Harbour prenne fin. Il est temps que des mesures soient prises pour éviter que cela ne se reproduise. Où est la dignité de l’animal là-dedans ?”

Un coup de gueule dont l’hippodrome de Ghlin a pris connaissance tant il prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux. “Nos boîtes sont conçues pour éviter au maximum le risque de blessure, tant du cheval que du cavalier. Mais Coffs Harbour s’est cabré et s’est blessé. Nous devions prendre une décision : soit l’euthanasier sur place avec le risque que les autres chevaux ne se blessent, soit faire sortir les autres chevaux par l’arrière de la boîte, avec là encore un risque de blessure, ou faire évacuer l’animal blessé”, explique Agnès Goffin, responsable de la coordination.

“Il était sous adrénaline et était indomptable, il ruait dans tous les sens. Nous l’avons éloigné pour préserver les autres coureurs. Le propriétaire et l’entraîneur ont pris la décision qui leur semblait être la meilleure compte tenu des circonstances.” Pour l’heure, l’hippodrome précise que ce genre de cas reste, heureusement, extrêmement rare. “Le cas Coffs Harbour sera peut-être à la base d’un dispositif pour mieux gérer l’après-accident. Nous n’avions pas anticipé ce genre de situation, c’est peut-être notre erreur.” Déposée à l’extérieur du site, la dépouille a été emmenée par l’entreprise d’équarrissage mercredi matin.