Mons-Centre Le directeur général lui a envoyé un courrier lui rappelant que ses visites au sein de l’administration communales devaient être encadrées et "passives"

Lens, ses paysages bucoliques, ses rues accueillantes et sa vie politique tumultueuse. On le sait, le climat au sein des élus locaux est plus qu’orageux. Le courrier qu’a récemment reçu la conseillère communale Isabelle Galant, ancienne bourgmestre déchue de son titre lors du reversement de la majorité n’apaisera certainement pas la situation déjà explosive. "J’ai le sentiment qu’à Lens, nous entrons dans un régime dictatorial" , confie-t-elle.

Le courrier, que les autres conseillers communaux siégeant dans l’opposition ont également reçu, rappelle les articles 78 et 79 du règlement d’ordre intérieur du conseil communal lensois. Concrètement, il est reproché à certains élus de l’opposition, et particulièrement à Isabelle Galant de se rendre dans les bureaux de l’administration communale.

Le courrier fait aussi état d’une attitude passive à adopter lors des visites, qui doivent être programmées sur rendez-vous et accompagnées d’un membre du collège communal. "Quand je m’y rends pour y rencontrer le Directeur général ou pour des démarches privées, j’ai l’habitude de faire le tour des bureaux et de dire bonjour aux membres du personnel. Je rappelle que j’ai été bourgmestre pendant plus de deux ans. Apparemment cela dérange, bien que cela soit occasionnel."

Il n’en fallait pas plus pour littéralement mettre le feu aux poudres. "Je rappelle que nous sommes dans une commune rurale, l’importance a toujours été mise sur les relations humaines. Quand j’étais bourgmestre, M. Moyart venait tous les jours et faisait le tour de tous les bureaux pour dire bonjour. Je rappelle que nous ne sommes pas à Mons, le personnel administratif compte en effet 9 personnes à Lens."

Contacté, l’actuel bourgmestre Ghislain Moyart tombe des nues. "Effectivement, lorsque Mme Galant était bourgmestre, je me rendais tous les jours dans les bureaux de l’administration communale. Notons cependant que j’étais président du CPAS, et que je le faisais dans le cadre de mon mandat". L’approche du scrutin communal, dans un an quasiment jour pour jour, ne semble pas apaiser les esprits lensois, que du contraire.


Ghislain Moyart, bourgmestre de Lens : "Pas de tensions"

"Le directeur général, avec qui je m’entends très bien et avec lequel nous formons un très bon binôme, a en effet envoyé un courrier. Nous ne faisons que respecter les procédures qui sont établies pour la consultation des dossiers. Vous savez, lorsqu’en plein conseil communal, on vous sort des factures que nous n’avons pas encore approuvées, nous sommes en droit de nous poser des questions. Le directeur général, et je le soutiens totalement, a remis les choses à plat et a procédé aux rappels qui s’imposent. Mais il n’y a pas de tensions à l’administration communale."