Mons-Centre

Par erreur, il a tenté de tuer la famille de Pascal Lafosse.

Originaire de Quiévrain, Ibrahim aurait mieux fait de cuver ses bières à son domicile le soir du 17 juin dernier. Ivre, en colère contre sa sœur, il s’est mis au volant de sa Nissan pour rejoindre Cuesmes et en découdre avec sa sœur pour une sombre histoire d’argent. Délibérément, il a foncé sur un véhicule qu’il pensait être celui de sa sœur. Il s’agissait en fait de celui occupé par l’échevin de la Mobilité à Mons, Pascal Lafosse, ainsi que son épouse, leur fils et sa compagne.

Détenu face au tribunal correctionnel de Mons, Ibrahim doit donc répondre d’une tentative de meurtre, d’entrave méchante à la circulation et de coups simples. "Je n’ai jamais voulu tuer personne, ni ma sœur ni les gens qui étaient dans cette voiture puisque je ne les connais pas, explique-t-il au tribunal. J’avais beaucoup bu, je ne me souviens pas de tout, j’ai réagi comme un imbécile. Je voulais simplement donner une leçon à ma sœur."

Ce soir-là, il s’était rendu une première fois au domicile de sa sœur. Il avait été contré dans son élan par son neveu. Le prévenu était reparti dans un café affoner quelques bières. "Et puis, je me suis dit que je n’avais pas assez abîmé la voiture de ma sœur. Je voulais qu’elle soit en sinistre total", déclarait-il aux policiers.

Le prévenu a attendu dans la rue de Ciply jusqu’à ce qu’un véhicule se présente. Il pensait que c’était celui de sa sœur, il a frôlé sans succès la voiture. Du coup, il a fait demi-tour et quelques manœuvres plus tard, il tentait de réitérer avec succès cette fois. Grâce à l’épouse de l’échevin, les deux véhicules ont évité de justesse la collision frontale. Le chauffard a tenté de prendre la fuite mais s’est encastré dans un grillage. Père et fils Lafosse ont immobilisé le prévenu avant l’arrivée des policiers.

Le ministère public considère l’intention homicide établie compte tenu de ses déclarations et de la matérialité des faits. 37 mois de prison sont réclamés contre ce prévenu, en récidive. "Ce n’est pas un accident de roulage, ce sont des faits volontaires. Il a dit lui-même à l’arrivée des policiers qu’il voulait tuer sa sœur."

Le ministère public a néanmoins laissé tomber la préméditation. En aveux sur tout sauf l’intention homicide, le prévenu a réclamé la clémence du tribunal, quitte à se soumettre à un sursis probatoire. Jugement le 18 décembre.