Mons-Centre

L'habitante de Carnières possède une Asbl pour venir en aide aux chatons abandonnés. Mais elle se sent délaissée face à la nouvelle loi sur la stérilisation des chats.

Joëlle Hautcoeur est à bout. "Je me sens délaissée". Elle doit régulièrement recueillir des chatons abandonnés. Mais cette situation ne va faire qu'empirer avec la nouvelle loi sur la stérilisation. Pour rappel, tous les chats nés dès ce 1er novembre doivent être stérilisés et pucés. S'ils sont nés avant cette date, la Wallonie laisse un délais jusqu'au 1er janvier 2019 pour le faire.

Cette habitante de Carnières craint donc le pire. "Il y aura encore plus d'abandons qu'avant. Le coût de cette stérilisation (NdlR : environ 65 euros pour un mâle, 130 euros pour une femelle) est quand même conséquent et par exemple, dans mon quartier, beaucoup de gens ont peu de moyens donc ils ne prennent pas la peine de les stériliser."

C'est là que doit intervenir Joëlle et son Asbl Pattes et Coussinets, créée pour venir en aide aux chats abandonnés. "Rien que ces derniers jours, j'ai recueilli trois chatons", déplore-t-elle. "Le problème c'est que je ne peux pas les mettre à donner sur les réseaux sociaux à cause de la nouvelle loi. En toute logique, je devrais attendre qu'ils grandissent pour pouvoir les stériliser, les pucer et puis les vacciner. Finalement, ça reviendrait à 150 euros mais personne n'achètera un chaton à ce prix-là."

La Carniéroise doit même enfreindre la loi pour ne pas abandonner les chatons. "Je n'ai pas de numéro d'agréation donc je n'ai normalement pas le droit de détenir des animaux chez moi. Mais je le fais quand même parce que je ne peux pas laisser ces chats mourir dehors. Si je ne les recueille pas, soit ils meurent dans le froid dehors, soit il faut les apporter à la SPA et alors ils se font euthanasier."

Ce qui chiffone aussi Joëlle, c'est que les petites associations comme la sienne se retrouvent livrées à elles-mêmes. "Je dois payer moi-même les soins, la nourriture, etc. Ce qu'il faudrait faire avec les mères, c'est les stériliser directement pour qu'il n'y ait pas tous ces chatons abandonnés. Mais les propriétaires ne le font pas. Moi, je n'ai pas les moyens de le faire et la commune ne nous aide pas non plus à ce niveau-là."

Aujourd'hui, Joëlle Hautcoeur accueille pas moins de dix chats à son domicile.