Mons-Centre Les syndicats se tournent désormais vers 2018 et espèrent une éclaircie

2017 s’est achevée comme 2016 : sans grand enthousiasme. Le bilan social de l’année écoulée n’est en effet pas très brillant. Dans la région de Mons-Borinage comme dans la région du Centre, l’emploi est une problématique importante, à laquelle les syndicats souhaitent plus que jamais s’attaquer en 2018.

"Le pouvoir d’achat de la population reste sur la pente descendante, les promesses formulées par le gouvernement ne sont pas tenues et les allocataires sociaux sont dans une situation de plus en plus difficile. Tout cela se traduit fortement dans la région du Centre, notamment au travers des chiffres du chômage, souligne Ahmed Ryadi, secrétaire régional de la FGTB Centre. Juste au niveau de la FGTB Centre, nous en sommes à 2.000 exclusions…"

Et d’ajouter : "Les créations d’emplois sont bien réelles, mais elles ne permettent pas de compenser les suppressions. D’autant plus que les emplois de qualité - à durée indéterminée, à temps plein et bien rémunérés - sont remplacés par des emplois plus précaires - à durée déterminée, à temps partiel et sans avantages. Nous ne pouvons malheureusement pas dire que la situation s’est améliorée en 2017."

Le même constat est dressé dans la région de Mons-Borinage. "Chiffrer le nombre d’emplois créés est pour ainsi dire impossible. Mais une chose est certaine : les créations ne compensent pas les pertes, confirme Patrick Salvi, secrétaire régional SETca Mons-Borinage. Les emplois créés en 2017 l’ont souvent été au détriment d’autres, notamment dans le secteur commercial : certaines enseignes se sont implantées dans les centres commerciaux, d’autres ont fermé leurs portes."

Plutôt défaitistes quant à l’année 2018 qui vient à peine de débuter, les syndicalistes l’assurent : ils continueront à se battre pour préserver l’emploi, défendre les travailleurs et accompagner les chômeurs, toujours plus nombreux et plus jeunes. "Sur le plan politique, nous continuerons à nous battre pour la viabilité de la circonscription du Centre. Au-delà de l’aspect identitaire, elle devrait permettre à nos élus de défendre davantage le développement économique de la région du Centre", insiste Ahmed Ryadi.

De son côté, Patrick Salvi, pour la SETca, défendra à cor et à cri la réduction du temps de travail. "Il n’y a plus suffisamment d’emplois pour tous et la situation ne risque pas de s’améliorer alors que tout s’informatise, se robotise. Il va falloir redistribuer les postes de travail existants. Le sujet de la réduction du temps de travail devra être abordé rapidement. Elle ne doit pas être limitée dans le temps et doit aller de pair avec une réduction des cotisations salariales et l’octroi d’allocations de chômage." Les défis sont là, restent à les relever.