Mons-Centre Signalisation insuffisante: l’automobiliste s’était noyé dans sa voiture tombée dans un canal.

Selon nos informations, le tribunal civil de Mons, siégeant en degré d’appel, a déclaré responsables la Ville de La Louvière et la SCRL Port autonome du Centre Ouest, tous deux pour des négligences coupables liées à des défaillances de signalisation routière, treize ans après un accident mortel ayant coûté la vie en 2002 à un automobiliste dont le véhicule était tombé dans le bassin La Croyère du Canal du Centre, à La Louvière.

Le tribunal relève neuf défaillances de signalisation sur une distance de 300 mètres. Pour lui, cette négligence coupable a entraîné que le conducteur "n’a pas eu la possibilité suffisante" de se rendre compte du "terrible danger qui le guettait" (tomber dans l’eau du canal, NdlR) sinon trop tard, à un moment où "il n'était plus possible d’y échapper".

L’automobiliste de 50 ans était mort noyé.

La justice avait d’abord jugé que la ville et le Port n’avaient commis aucune faute.

La veuve interjetait appel. La décision est à présent définitive.

La Louvière et le Port sont déclarés partiellement responsables, à hauteur d’un tiers, le tribunal considérant que l'automobiliste (qui avait pris le volant après avoir participé à un déjeuner d'affaires prolongé et consommé de l’alcool) avait lui même commis une imprudence.

La voiture de M. Berkane avait été repêchée en 2006, quatre ans après sa disparition le 13 mars 2002 après avoir quitté son lieu de travail à Gosselies, pour rentrer chez lui à Blaton. La nuit tombait, il pleuvinait, la nuit tombait.

Voulant probablement faire un crochet par le Cora de La Louvière pour acheter un pain, l’automobiliste se serait engagé dans une rue mal signalée débouchant sur le quai La Croyère bordant les anciennes usines Duferco et son bassin à péniches dans lequel le véhicule est tombé, et l’automobiliste n’a pu s’extraire.

Le tribunal civil de Mons relève que le même type d’accident est survenu au même endroit à "au moins deux autres automobilistes".

Neuf défaillances de signalisation engageant la responsabilité à part égale de La Louvière et du Port sont constatées sur quelques dizaines de mètres.

Ainsi, le tribunal retient "l’absence de grille empêchant l’accès au quai"; l’absence de signalisation d’un danger "à un endroit de danger mortel"; l’eau n’était pas éclairée de manière à se distinguer du quai; deux autres véhicules au moins tombés au même endroit; le rapport d’expert dénonçant "la signalisation rudimentaire, à l’époque".

"Négligences coupables" à cause desquelles l’automobiliste ne pouvait se rendre compte du danger mortel qui le guettait sinon trop tard, "quand il était impossible d'y échapper".