Mons-Centre Les discussions ont dépassé les frontières brainoises et tournent au débat de société

Voilà près de deux semaines que l’enquête publique est ouverte sur le projet de porcherie à Ronquières. Et depuis, l’affaire a pris une ampleur inattendue. "Ce matin, j’ai reçu un mail venant de Paris", témoigne le bourgmestre Maxime Daye.

Très vite, le projet d’implanter une ferme de 1.800 porcs a semé la panique parmi des riverains du village. Certains craignent les nuisances. D’autres s’inquiètent pour les conditions d’élevage. Si bien qu’entre les partisans du projet et ses détracteurs, les discussions ont viré au débat de société sur le type d’agriculture à adopter en ce début de 21e siècle. Les opposants au projet veulent du bio et du durable. Ils sont même épaulés par Gaïa.

Le promoteur, lui, n’est pas prêt à renoncer à l’agriculture traditionnelle. Et il mobilise aussi ses soutiens. Il a même pour l’occasion créer un site Internet, je-soutiens-benoit-be. On y trouve une présentation de l’agriculteur Benoît Pattyn, un formulaire à remplir pour le service environnement de Braine-le-Comte ou encore un communiqué de la Fédération Wallonne de l’Agriculture.

La FWA pointe l’effet Nimby des opposants au projet. Pour elle, la porcherie respectera toutes les normes en vigueur pour l’environnement et le bien-être animal. Elle ajoute que le projet s’inscrit dans le cadre d’une agriculture familiale, misant sur les circuits courts. Un projet à favoriser au détriment d’une agriculture plus industrielle donc. Pas de quoi rassurer les opposants au projet, toujours plus nombreux.

L’enquête publique se termine lundi prochain. En attandant, la Ville de Braine observe les débats. Le bourgmestre ne s’attendait pas à ce que la polémique prenne une telle ampleur. "Je me doutais que les riverains allaient manifester toute une série d’inquiétudes valables", commente Maxime Daye. "Mais le projet a généré un débat émotionnel autour des nouveaux modes de consommation. On sort du cadre d’une demande de permis urbanistique. Le tout est de voir si les lois en vigueur font place à ce type de débat philosophique. Car c’est sur base de la législation que nous devrons trancher. Ce ne sera pas une décision facile à prendre."