Mons-Centre Le bourgmestre estime que la SPA n’a pas rempli sa part du marché et envisage une rupture de la convention qui lie la ville à celle-ci

Entre la ville et la SPA de La Louvière, rien ne va plus. Ce mercredi en conférence de presse, le bourgmestre, Jacques Gobert (PS), a en effet partagé ses craintes de retomber dans les mêmes travers qu’il y a quelques années. Pour plusieurs raisons, la ville envisage même de mettre un terme à la convention qui la lie à la Société protectrice des animaux.

"Vous vous souviendrez que lorsque la SPA a connu d’importantes difficultés, il y a quelques années, la ville s’est investie pour tenter de la remettre à flot, a lancé Jacques Gobert. C’était bien parti et la volonté de continuer est toujours là. Mais aujourd’hui, plusieurs signaux d’alerte nous laissent penser qu’il y a lieu de s’inquiéter."

La ville reproche ainsi à la SPA de ne pas avoir respecté le mandat qui lui avait été accordé lors de l’Assemblée Générale de juin 2016, de ne pas avoir déposé ses comptes, de ne pas avoir honoré certaines dettes et de ne pas avoir révisé ses statuts pour devenir une ASBL à prédominance communale. "L’objectif n’est pas de prendre part à la gestion de celle-ci mais d’assurer le contrôle des fonds et investissements" , précisait Maître Philippe Herman.

Par ailleurs, le bourgmestre dit avoir pris connaissance de plaintes "quant au bien-être des animaux présents sur place" et a de ce fait pris contact avec la Région wallonne pour solliciter une inspection. "Du côté de la ville, le job a été fait. Elle est d’ailleurs prête à investir à nouveau puisque les permis nécessaires à l’installation de nouvelles cages ont été accordés. Mais de l’autre côté, les engagements n’ont pas été tenus."

La menace est donc très claire : si la SPA ne se plie pas aux exigences de la ville, cette dernière pourrait mettre fin à la mise à disposition gratuite des installations. "Une mesure qui n’est pas plaisante car elle remet en cause le fonctionnement même du refuge dans sa configuration actuelle mais qui reste la première voie d’action de la ville." Et, dans le pire des cas, aller en justice. Une éventualité à laquelle la ville espère ne pas avoir recours. Si la SPA se dit abasourdie par les démarches entreprises, elle tentera, elle aussi, de trouver d’autres solutions.


Des projets qui divisent

Concrètement, la convention votée en juin 2016 prévoyait une vaste rénovation des infrastructures actuelles. "La philosophie générale, c’était de préserver le site actuel et de construire, entre le bâtiment existant et le refuge, de nouveaux bâtiments pour le bureau d’accueil, un local sanitaire, un local vétérinaire et une chatterie", précise Fabrizio Piccinini, membre du service travaux de la Ville. Après quoi de nouvelles cages auraient été installées et divers travaux d’entretien menés. "Nous souhaitons un projet plus vaste que simplement changer le carrelage et installer de nouvelles cages ! En 2015, une trentaine de cages étaient supprimées et nous sommes parvenues à obtenir 25 % d’adoptions supplémentaires", insiste Gaëtan Sgualdino, président de la SPA. "Nos objectifs sont ambitieux. Ici, organiser les promenades reste difficile car nous sommes en centre-ville. Si nous avions la possibilité, à terme, de nous installer le long du canal, ce sera parfait pour les animaux !" Un projet qui n’est pas repris dans la convention passée entre les deux parties et qui pourrait donc être difficilement réalisable.


Gaëtan Sgualdino Président de la SPA : "Nous ne comprenons pas"

"Nous souhaitons continuer à collaborer avec la Ville mais sans pour autant lui permettre de prendre le contrôle de la SPA. Nous remettons effectivement l’accord de principe qui avait été donné en 2016 parce que nous ne souhaitons pas que le refuge dépende totalement de la Ville. Nous avons hérité d’un refuge qui était à terre mais nous ne sommes pas responsables de ce qu’il s’est passé il y a quelques années. En quelques mois seulement, nous avons déjà amélioré le sort de nos animaux. C’est et cela restera notre priorité. Ce n’est par contre pas celle de la Ville. Nous ne comprenons pas pourquoi, alors que nous avons une équipe motivée et d’excellents résultats, la Ville souhaite à ce point prendre le contrôle. Quant aux comptes, ils arrivent. Nous sortons d’une administration provisoire et avons dû reprendre une comptabilité inexistante. Nos comptes sont au vert et seront prochainement présentés. Nous sommes aujourd’hui face à un partenaire qui s’impatiente. En fonction du prochain conseil d’administration et de la prochaine assemblée générale, nous verrons quelle direction prendre. Mais elle sera toujours en faveur des animaux."