Mons-Centre Le collège PS/CDH veut "suivre l’évolution", mais pas réclamer des dommages moraux ?

On croyait les affaires de la Ville de Mons et de Pierre Urbain, directeur général pensionné, terminées. Il n’en est rien, ou plutôt pas totalement. Selon nos informations, le conseil communal doit se prononcer à huis-clos pour autoriser la Ville de Mons à se constituer partie civile à l’égard de son plus haut fonctionnaire, récemment pensionné. En son temps, la Ville s’était déjà déclarée comme personne lésée.

Le collège PS/CDH entend désormais se constituer partie civile dans les deux dossiers judiciaires pour lesquels le ministère public estime devoir renvoyer Pierre Urbain (et d’autres) devant un tribunal correctionnel.

Rappelons que le retraité était suspendu de ses fonctions à la Ville de Mons, "dans l’intérêt du service", depuis plus de quatre ans. Le scandale a éclaté en 2013 suite à son inculpation (avec trois comparses) du chef de participation à une organisation criminelle, d’abus de confiance et d’infraction à la législation bancaire.

Et qu’en octobre dernier, le ministère public a fait savoir à la Ville de Mons que dans le dossier "Idea" (la vente de la télédistribution en 2007/2008), il allait réclamer le renvoi de Pierre Urbain et de deux anciens directeurs de l’intercommunale devant un tribunal correctionnel. Car selon lui, il existe en effet des charges suffisantes du chef de tentative de corruption à charge de Pierre Urbain.

Dans la même veine , les élus montois entamaient une procédure disciplinaire contre son premier fonctionnaire suspendu. Cette procédure a débouché sur un certificat médical, une visite d’un médecin contrôle et enfin, le classement de ladite procédure et l’admission à la pension de Pierre Urbain.

Pourquoi dès lors la Ville de Mons souhaite aller devant la justice ? "Afin de continuer à avoir accès aux dossiers et suivre l’évolution", confirme le cabinet du bourgmestre, Elio Di Rupo (PS). "Beaucoup de choses peuvent encore se passer entre la clôture d’une instruction et un éventuel jugement. Il est de notre responsabilité de continuer à suivre ce dossier. Ça ne remet pas en cause tout ce qui a été dit ou fait jusqu’à présent." Il n’empêche qu’il est assez rare qu’une partie civile ne réclame rien devant un tribunal. D’autant plus qu’à l’époque, les révélations ont fait grand bruit. Elio Di Rupo, bourgmestre empêché, était Premier ministre. Et quand son bras droit administratif à la Ville est dans le collimateur de la justice, ça ne fait pas trembler que les murs de l’hôtel de ville.