Mons-Centre

La vie est un long fleuve tranquille, qu’ils disaient. Mais pour certains, ce fleuve regorge de méandres qui rendent la vie beaucoup moins rose.

Les Umurzakov font partie de ces personnes à qui la vie n’a pas fait de cadeau. Cette famille vit à Manage depuis trois ans. Azat, le père, Zumrat, la mère, ainsi que leurs trois enfants, Amina, Sagdiana et Samir âgés respectivement de 12, sept et un an ont déjà vécu les pires horreurs.

Originaires d’Ouzbékistan, ils ont dû fuir le Kirghizistan suite à la guerre entre les Ouzbèques et les Kirghizes en juin 2010. Cette famille a dû faire face à un harcèlement moral et physique sans précédent. La mère a échappé de peu à une tentative d’enlèvement, le café du père a été incendié et leur vie y était menacée. Autrement dit, il ne leur reste plus rien au Kirghizistan.

En 2010, ils sont arrivés en Belgique avec l’espoir de trouver une vie meilleure. Tout avait bien commencé. Le père a trouvé du travail, les enfants étaient scolarisés et toute la famille a appris à parler français. Seulement voilà, trois ans plus tard, ils sont menacés d’expulsion. De demande d’asile en demande de régularisation, les Umurzakov ont épuisé presque tous les recours possibles. Le père s’est également vu retirer son permis de travail et son contrat arrive à échéance aujourd’hui.

"C’est un combat difficile", explique Freddy Bouchez, coordinateur à l’ASBL Cepré. "Cette situation est due au durcissement de la politique d’immigration et les partis traditionnels ne sont pas très courageux en matière d’accueil des étrangers de peur de perdre des voix." Une lettre a déjà été envoyée aux 13 bourgmestres de la région du Centre. "Nous avons eu des réponses écrites d’Écaussinnes et de Soignies et nous avons rencontré les autorités communales de La Louvière. En ce qui concerne Manage, nous avons rencontré le 1er échevin ainsi que le service population. Ils nous ont répondu qu’ils ne faisaient qu’appliquer la loi."

Aujourd’hui, la situation est devenue urgente. La famille n’a plus de ressources pour vivre. Elle a reçu un ordre de quitter le territoire pour le 16 novembre. Un appel à la solidarité est organisé. Une réunion était prévue hier soir à La Louvière. "Le but est d’organiser la solidarité. Nous voulons mettre en place un souper afin de récolter des fonds pour aider la famille. Nous avons également l’intention de demander aux communes d’utiliser toutes les marges de manœuvre possible afin d’aider cette famille."

Même s’il ne reste plus beaucoup de recours possibles, l’envie d’y croire est encore présente. "Beaucoup de choses vont dépendre de la solidarité. C’est pour cela que nous faisons appel à tout le monde. La régularisation de la situation viendra peut-être de l’ampleur de la mobilisation."

En attendant, le CPAS a conseillé à la famille de rejoindre une maison de retour qui peut accueillir des enfants. "Un appel va être introduit. Malheureusement, il n’est pas suspensif donc le danger de devoir quitter le pays demeure."

Il ne reste plus qu’à espérer que des solutions soient trouvées pour sortir cette famille de la précarité.