Mons-Centre Les habitants des Jésuites sont à bout de nerfs

En 2011, les autorités communales s’engageaient dans un partenariat public-privé avec la société Baio afin de créer des appartements de standing à Fayt-lez-Manage. La commune, propriétaire d’un cloître, d’une salle protocolaire et d’une bibliothèque, a quant à elle l’intention d’aménager le parc qui entoure les logements. Sur le papier, le projet avait tout pour plaire. Danielle, Jacques, Christian, Myriam et Anne-Marie ont d’ailleurs été séduits et ont fait l’acquisition, plus ou moins récemment, de l’un des appartements.

Malheureusement, la désillusion a été de taille puisqu’aujourd’hui, ils se sentent otages du conflit qui oppose désormais les deux partenaires. "Ils ont tous les deux pris des engagements. Le promoteur pour réaliser les travaux et la commune pour sécuriser les lieux et aménager le parc", rappelle Jacques Vandember, président du comité de copropriété.

Les travaux auraient dû être terminés en décembre 2013 au plus tard, mais plus de trois ans plus tard, il reste encore du pain sur la planche. "Les travaux ont été interrompus parce qu’ils n’étaient pas en conformité avec le permis d’urbanisme octroyé. Des scellés ont été posés sur le chantier et depuis, c’est à l’arrêt. Tout est commencé mais rien n’est terminé."

Les habitants déplorent notamment le manque de sécurité et de confort du site. "Nous avons un magnifique parc à disposition mais il est désormais fermé au public. Les personnes âgées ou à mobilité réduite ne peuvent accéder à l’immeuble puisque les abords ne sont pas entretenus. Par temps de pluie, de neige ou de verglas, il est pratiquement impossible de circuler sur le site, d’autant plus qu’il n’y a pas d’éclairage public. Les enfants pourraient avoir un superbe espace pour jouer mais c’est bien trop dangereux puisque c’est toujours une zone de chantier."

Les propriétaires ont l’impression de s’être laissés avoir. "Le temps passe et rien ne bouge. Nous sommes otages d’une situation sur laquelle nous n’avons pas la main, ce qui provoque un mécontentement général dans l’immeuble et instaure un climat détestable. C’est difficile à vivre. Nous avons investi pour des appartements de standing et nous nous retrouvons piégés. Même si nous voulions vendre, la valeur de nos logements a chuté."

S’ils espèrent encore qu’un accord soit trouvé entre les deux parties, tous espèrent que le dossier n’ira pas en justice. Auquel cas leur situation ne serait pas prête de s’arranger.


Baio se dit ouvert au dialogue

Lorsqu’il a entrepris ce projet, Vincent Baio ne s’attendait pas à vivre pareille situation. Mais aujourd’hui encore, il confirme sa volonté de trouver un accord. “Aller en justice est la dernière des choses que je souhaite, personne n’y gagnera. Je reste ouvert au dialogue, bien qu’il y ait des choses que l’on ne puisse plus changer. Ce qui est acté est acté, la ville a des engagements à tenir, souligne-t-il. Je comprends et partage le sentiment des habitants. Pour nous aussi, la situation est difficile. Notre société a été salie, notre personnel insulté. Il nous reste des appartements à vendre mais compte tenu du contexte, surtout politique, personne n’ose s’engager, ce qui nous pénalise financièrement. Le chantier est à l’arrêt et nous ne pouvons le reprendre. Après tant d’années d’expérience, c’est la première fois que nous connaissons tant de difficultés.” Reste à voir si la discussion entre l’administration et la société est encore possible.


Pascal Hoyaux, bourgmestre de Manage : “En finir au plus vite”

Nous avons les subsides et ma volonté d’aménager le parc est toujours intacte ! Je réaffirme que je le ferai. C’est une nécessité pour la population de Fayt-lez-Manage. Le problème aujourd’hui, c’est que le permis de bâtir est caduc. Nous devons réintroduire une demande et faire le cahier des charges pour réaliser les aménagements du parc. Je comprends que les habitants en aient assez mais nous ne faisons pas ce que nous voulons. C’est un super projet et je suis navré de la tournure que cela prend. Dans l’intérêt de tous, il faut que tout cela se termine au plus vite. Plus nous attendons, plus cela coûtera cher. Alors que ce parc est nécessaire pour améliorer la qualité de vie des habitants, qui n’ont pas d’autre parc aux alentours.