Mons-Centre Le cinéma d’art et d’essai du centre-ville disposera de quatre salles au lieu de trois

Le Plaza Art et la Cité du Doudou, c’est une grande histoire d’amour qui date déjà de plusieurs décennies. Longtemps promise, la rénovation du complexe cinématographique sort enfin des cartons. Les assurances de Mons Rénovation (ASBL de la ville de Mons) sommaient aussi toutes les parties prenantes de remettre aux normes le Plaza. Travaux qui ont depuis été réalisés.

Mais sans un lifting intégral, le sauvetage opéré par le bourgmestre himself il y a cinq ans n’aurait servi à rien. Mons Rénovation est désormais propriétaire des lieux et se doit de jouer les pompiers pour assurer la pérennité de l’activité cinématographique. Au niveau de l’exploitation, c’est L’ASBL Centre de Diffusion Cinématographique dispose d’un bail emphytéotique pour programmer et faire tourner les bobines.

Pour rénover voire complètement restaurer le cinéma, ce ne sont pas moins de quatre millions d’euros qui seront nécessaires, selon le budget de l’auteur de projet. D’où vient cette manne ? De l’intercommunale de développement économique et d’aménagement du territoire (IDEA). "Il s’agit d’un reliquat concernant la vente de la télédistribution à Voo," commente Elio Di Rupo (PS).

Du coup, la ville et Mons Rénovation doivent conclure un bail qu’elle compte faire courir durant 27 ans, avec un canon annuel de 54.000 euros. D’abord évalué à deux millions d’euros, le projet s’est manifestement étoffé… "Nous pouvons faire valoir notre droit de tirage auprès de l’IDEA afin de financer ces travaux de rénovation dont l’estimation se situe aujourd’hui à plus ou moins quatre millions d’euros. Cette solution étant la plus économique", assure l’échevin de la régie foncière, Marc Darville (PS).

Ainsi, le Plaza disposerait de quatre salles (contre trois actuellement). Le tout doit préserver l’âme et la destination du lieu. "Si nous voulons garder un cinéma d’art et d’essai à deux pas de la Grand-Place, il nous a semblé que c’était le meilleur modus operandi," ajoute l’échevin. Ce bail ne plaît pas aux libéraux et notamment à Emmanuel Tondreau qui voit pointer la liquidation de Mons Rénovation mais, pour l’heure, cette discorde n’a pas encore trouvé son happy end. Les premiers travaux pourraient commencer avant la fin de l’année.


Un cinéma unique

Pareil complexe cinématographique devient petit à petit une denrée rare en Wallonie. “Il n’en reste plus que six en Région wallonne”, argue à son tour l’échevine de la Culture à Mons, Savine Moucheron (CDH). Ce petit cinéma montois ouvrait ses portes en 1994, déjà dans les murs d’un ancien cinéma. Son core-business est clairement défini : il défend un cinéma de qualité majoritairement européen en version originale sous-titrée. Les amateurs du 7 e Art en raffolent, même si des séances scolaires, des avant-premières en présence de réalisateurs et d’acteurs, des soirées-débats avec le milieu socio-culturel montois, des décentralisations de festivals, des ciné-clubs viennent compléter l’offre. D’après Elio Di Rupo, ce cinéma rencontre le succès avec une programmation de grande qualité. Il y a cinq ans, il s’en est fallu de peu pour que le navire coule. L’émoi suscité a déclenché des pétitions, des rassemblements citoyens et des élus communaux prêts à monter au créneau pour exiger son maintien. Avec une telle pression populaire et depuis les coulisses, la Ville de Mons a décroché le premier rôle, celui de sauveur.