Mons-Centre Pour assurer la tranquillité publique, le square Gustave Jacobs aura des heures d’ouverture

L’insécurité ambiante fait régulièrement couler l’encre dans la région de Mons-Centre. Certains lieux sont plus problématiques que d’autres, et les citoyens y sont particulièrement sensibles. Alors quand le ciel s’obscurcit et que les températures chutent, des squares, des parcs et même certaines cités sociales font l’objet de toutes les attentions. À Mons, par exemple, le square Gustave Jacobs est la proie de vandales et de comportements dérangeants depuis sa réouverture.

La Ville de Mons avait revu sa copie et décidé de conserver ce lieu de vie verdoyant dans le centre historique montois. Il s’agissait d’une forte demande citoyenne… Sauf que certaines motivations avaient animé les autorités communales : le vandalisme et l’insécurité. Des problèmes liés à la sécurité publique persistaient à cet endroit. Il y a un an, la Ville de Mons affirmait sa volonté de travailler à le sécuriser, notamment avec l’aide de la police.

Depuis lors, la situation est toujours problématique. "C’est un lieu de rassemblement qui est situé à l’écart et qui crée un certain sentiment de tranquillité pour ceux qui fréquentent ces lieux", concède le commissaire Borza de la zone de police de Mons-Quévy. Du squat par des bandes de jeunes est régulièrement dénoncé. "Ce ne sont pas des criminels de grands chemins mais ce sont des personnes qui occasionnent des nuisances sonores ou des incivilités avec des déchets sauvages ou en consommant des produits stupéfiants, principalement des drogues douces."

Pour la police , le square Jacobs est un hotspot dans le centre-ville montois. Mais lorsqu’il avait été question de fermer l’accès, le groupe Ecolo, notamment, s’était indigné. "Notre position a toujours été la même que pour une route", explique Charlotte De Jaer. "Lorsqu’une route n’est plus sûre, on ne la ferme pas. Avec les accès piétons et les parcs, c’est la même chose. C’est à la Ville de proposer des solutions pour sécuriser le lieu, pour proposer aux jeunes un lieu de rassemblement ou encore pour encourager la création d’une association de riverains pour gérer le site."

Du côté de la Ville de Mons, l’échevin de la Régie foncière, Marc Darville (PS), nous a cependant confirmé qu’un budget avait été voté pour sécuriser le parc et y installer des portes à l’avant et à l’arrière. "Le parc ne sera pas complètement fermé mais il sera ouvert à certaines heures de la journée. Nous allons trouver un accord avec les riverains pour qu’ils procèdent à l’ouverture et à la fermeture des portes qui seront installées." Question délai, il s’agit de patienter jusqu’en 2018. D’ici là, les contrôles de police se poursuivront.


“Il n’y a pas de solution magique”

Le cas du square Gustave Jacobs n’est certes pas unique dans la région. D’après la police, il existe d’autres lieux tout aussi problématiques où l’insécurité se fait sentir par des attroupements d’individus. Citons, l’esplanade du Dragon, le parc du beffroi, le jardin du Mayeur… “Tous ces parcs sont des points attractifs pour les personnes qui aiment se rassembler, parfois pas pour les bonnes raisons. En fonction des situations, ces endroits font l’objet d’une attention policière plus précise avec des passages réguliers de patrouilles. Il y a des contrôles d’identité qui sont réalisés, parfois certaines saisies pour des stupéfiants… Mais il n’existe pas de solution magique ou alors, il faudrait fermer tous les parcs.”


Clos des Hirondelles, terrain libéré à la fin de l’année

© AVPRESS

Le terrain situé à Ghlin, le long de la route de Wallonie, se vide progressivement de ses habitants nomades installés sauvagement depuis plus de vingt ans. Il faut écrire que depuis 2014, les autorités communales y mènent une véritable campagne pour tenter de récupérer leur bien. La procédure juridico-administrative n’a pas encore abouti mais un fait est certain : de nombreux habitants ont levé le camp.

Aujourd’hui, il ne reste que quatre personnes qui sont installées dans des caravanes sur le site. À l’époque, 55 personnes vivaient sur le terrain alors que la convention précaire n’en autorisait que cinq. Tout en maintenant la pression sur les habitants, la Ville a tenté diverses pirouettes, à la fois administratives et juridiques, pour obtenir gain de cause. Finalement, beaucoup ont quitté les lieux et ont été relogés dans les logements sociaux de la région.

“Quatre personnes sont toujours en attente d’un relogement plus sédentaire”, nous confirme la zone de police. “Cela se passe relativement bien, même très bien, comparé à ce que nous avons connu.” Ce site fait l’objet d’une attention toute particulière depuis une dizaine d’années. De nombreuses perquisitions ont été menées, nécessitant systématiquement la présence de renforts armés. À tel point que l’autorité administrative avait décrété “qu’il ne pouvait exister à Mons des lieux qui échappent aux règles et à la loi”.

Reste que déloger quelque 55 habitants, même installés illégalement sur le terrain, ne se fait d’un coup de baguette magique. Une (très) longue procédure administrative a été enclenchée par la Ville de Mons. Celle-ci commence seulement à porter ses fruits. Pour preuve, seulement quatre personnes y résident encore mais sont associées au programme relogement.

Bref, la Ville de Mons croise les doigts et estime que pour la fin de l’année 2017, elle pourrait avoir récupéré son terrain. Pour y faire quoi ? Ça, c’est une autre histoire, qui n’a pas encore été dévoilée par les autorités communales.


Nouvelles représailles dans la cité Gilmant

© AVPRESS

Après une interpellation en séance publique du conseil communal, Laurent Drousie (membre du cartel de l’opposition) mise sur une question écrite. Objectif, exhorter la majorité et plus précisément le bourgmestre, chef de la police administrative, à trouver des solutions pour endiguer les faits de vandalisme qui sont à déplorer dans la Cité Gilmant.

“Vous pensiez que la sérénité était revenue sur Tertre, en particulier dans le quartier de la Cité Gilmant, rue Désiré Maroille… Hélas, l’accalmie a été de très courte durée. Des actes d’incivilité reviennent, et de plus belle, relate le conseiller. Dans la nuit du 1er au 2 novembre, la maison d’un particulier a été taguée d’œufs et des bouteilles de verre ont été cassées devant chez lui. Comme pour la Cité Gilmant, nous sommes dans des formes de représailles.”

Le conseiller insiste : “Le déploiement de policiers sur le terrain a nécessité du temps et des moyens budgétaires importants, mais cela n’a pas suffi. Il faut travailler autrement et miser davantage sur la prévention. Il y a un travail à effectuer en amont de la répression, qui est difficile à mettre en place, car les auteurs ne sont pas toujours pris sur le fait.”

Une réalité dont

le bourgmestre, Daniel Olivier (PS), est bien conscient. “Je n’ai pas été informé de ce nouveau fait, mais je présume que l’on se trouve dans le même contexte de représailles de jeunes à l’égard de quelques habitants. Nous pouvons difficilement faire plus que ce qui n’est déjà fait. Tout le monde est mobilisé. La police mène des actions coups de poing ou cité sûre. Et de notre côté, nous travaillons en collaboration avec le Logis saint-ghislainois, le CPAS, les éducateurs de rue, les gardiens de la paix,…”

Difficile, dès lors, de trouver des solutions. “On m’a déconseillé l’instauration d’un couvre-feu, qui ne réglerait pas le problème. Nous misons sur la prévention et la technique des grands frères, à savoir des personnes un peu plus âgées qui sont sensibilisés par les éducateurs de rue et qui pourraient avoir une influence sur les plus jeunes.” Et le maïeur de conclure : “Nous prenons le problème à bras-le-corps, mais Saint-Ghislain n’est pas Chicago. Nous utilisons les moyens à notre disposition pour enrayer cette problématique, qui n’est de la responsabilité que de quelques-uns.”


Pincemaille donne toujours du fil à retordre

© AVPRESS

Estinnes - En 2016, une véritable démonstration de force s’opérait sur le domaine de Pincemaille, à Estinnes. Au total, 53 policiers et 33 agents administratifs et judiciaires étaient mobilisés dans une opération menée dans le but de faire passer un message : le domaine n’est pas et ne deviendra pas une zone de non-droit. Aujourd’hui pourtant, la situation reste compliquée. “Rien ne change vraiment. Il y a toujours des problèmes, notamment liés aux incendies volontaires”, confirme la bourgmestre, Aurore Tourneur (EMC). “Nous restons en contact avec le procureur du Roi et la police passe régulièrement mais il n’y a pas de grosses opérations toutes les semaines. Il faut préciser que les problèmes ne sont pas toujours liés aux gens qui habitent le domaine. La problématique est très vaste, beaucoup de choses restent à régler avec le propriétaire. En attendant, je pense que l’on ne peut pas parler de zone de non-droit.”

De manière plus générale, aux abords du domaine et plus précisément du côté de Vellereille, la commune a misé sur un partenariat local de prévention, qui permet une meilleure communication entre riverains et police.


La police patrouille aux Prés Verts

© AVPRESS

Cuesmes - Depuis cinq mois, une certaine panique règne dans le Nouveau Quartier de Cuesmes, où sont installés quatre immeubles d’appartements publics et des maisons sociales. Les locataires sociaux sont à bout. De multiples incendies sont boutés régulièrement dans le quartier, même dans les halls d’entrée des immeubles. La peur est omniprésente et l’insécurité, grandissante. Un pyromane sévit et n’a toujours pas été interpellé.

De nombreuses plaintes ont déjà été déposées par la société de logements sociaux Toit & Moi. La zone de police de Mons-Quévy y a aussi diligenté une enquête pour mettre la main sur le ou les auteurs de ces faits. Si, au départ, il s’agissait de faits isolés, les incendies se répètent et s’intensifient. “Nous avons mené plusieurs opérations de nuit mais malheureusement aucune n’a, pour l’heure, permis d’intervenir en flagrant délit, confirme le commissaire Philippe Borza. Le service d’enquête et recherche est toujours en charge des investigations. Nous maintenons la pression, mais les méfaits sont moins réguliers.” Selon nos informations, plusieurs personnes sont dans le collimateur de la police et plusieurs pistes sont suivies par les enquêteurs. À ce stade, aucune arrestation n’a pu intervenir dans ce dossier.