Mons-Centre John avait tailladé Karim en utilisant son verre de bière comme une arme au Marché aux Herbes

Le tribunal correctionnel de Mons n’y est pas allé par quatre chemins en condamnant fermement John, un Saint-Ghislainois, à cinq ans de prison. De fait, l’agression violente qu’il a commise durant la nuit du 4 juillet 2016 au Marché aux Herbes a laissé des séquelles. Karim, sa victime, gardera à jamais la balafre provoquée par le verre de bière qu’il lui a claqué au visage.

Cette nuit-là, les policiers sont dépêchés au Marché aux Herbes. Une bagarre a éclaté, la victime présente une entaille à la gorge et la tension monte. À l’arrivée des policiers, John était ivre mais a tenté, en vain, de prendre la fuite. Le prévenu a assuré "ne pas comprendre pourquoi il avait été interpellé par les policiers", qu’il avait consommé une petite dizaine de bières mais qu’il ne se souvenait de rien d’autre.

Les images de vidéosurveillance sont pourtant éloquentes. C’est bien John qui a provoqué l’altercation et qui a cassé son verre sur la gorge de sa victime, qu’il ne connaissait manifestement pas. Des analyses ADN, les images des caméras de vidéosurveillance, les déclarations des témoins ainsi que celles des policiers intervenus ce soir-là sont suffisantes pour établir sa culpabilité.

Pour déterminer la peine de cinq ans de prison ferme, le tribunal a tenu compte du caractère dangereux que constituent de tels comportements pour la société, du trouble social qu’ils engendrent ainsi que des conséquences psychologiques pour la victime. Et pour cause, Karim a une cicatrice à la base du visage et au cou de 13 centimètres, une autre de 5 centimètres et les nerfs de l’hémisphère gauche du visage sont sectionnés. Il a perdu la réactivité de son œil gauche et ne pourra plus jamais sourire.

Le tribunal ajoute que : "Le prévenu persiste aussi dans une attitude irrespectueuse de la loi, malgré une condamnation à un emprisonnement de quatre ans avec sursis pour des faits de nature similaire, également commis sous l’emprise de la boisson. Il est en récidive légale."

La personnalité de ce trentenaire a aussi interpellé le tribunal. "L’expertise psychologique souligne un discours peu responsable, une personnalité peu assertive, se laissant aller au débordement dans la boisson et réagissant de manière démesurée face à une certaine adversité." Le danger social "reste inscrit dans son fonctionnement peu réfléchi avec une désinhibition liée à la boisson".